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  • : Communistes libertaires de Seine-Saint-Denis
  • Communistes libertaires de Seine-Saint-Denis
  • : Nous sommes des militant-e-s d'Alternative libertaire habitant ou travaillant en Seine-Saint-Denis (Bagnolet, Blanc-Mesnil, Bobigny, Bondy, Montreuil, Noisy-le-Sec, Pantin, Rosny-sous-Bois, Saint-Denis). Ce blog est notre expression sur ce que nous vivons au quotidien, dans nos quartiers et notre vie professionnelle.
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Pour nous contacter: Alternative libertaire 93, BP 295, 75921 Paris Cedex 19 ou par e-mail (montreuil@al.org, saint-denis@al.org ou al93@al.org)

Vous pouvez nous rencontrer au marché de Noisy-le-Sec (2ème samedi de chaque mois, 11h-12h), au marché de la gare RER de Bondy (4ème samedi de chaque mois, 11h-12h), au marché Croix-de-Chavaux à Montreuil (2ème dimanche de chaque mois, 10h30-11h30) et à l'angle de la rue Gabriel Péri et de la rue de la République à Saint-Denis. Nous y vendons le mensuel Alternative libertaire.

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Bagnolet: Auchan, 26 av de Gaulle, 87 rue Robespierre, 47 av de Stalingrad. Bobigny: rue du Chemin Vert, Hôpital Avicenne. Bondy: Gare RER. Montreuil: M° Croix-de-Chavaux, 1 av Pasteur, 5 rue E. Varlin, 170 rue de la Nouvelle France. Noisy-le-Sec: Gare RER, 8 rue Jean Jaurès. Romainville: 80 bd H. Barbusse. Rosny-sous-Bois: Carrefour Rosny II, 2 rue Gallieni, 3 av Gallieni. Saint-Denis: 17 pl du Caquet, 4 bd A. France, Cité Franc Moisin, 105 rue Gabriel Peri, Pl des Poulies, Pl du 8 mai 45, 2 rue G. Philippe, 46bis bd J. Guesde, M° Saint-Denis Basilique.
14 mai 2014 3 14 /05 /mai /2014 18:48

Menu complet et liste des invités : www.insurrection-gitane.com

Depuis Samedi 17 mai 21h jusqu'au Dimanche 18 mai 19h.

Parvis de la Basilique des Rois, Saint-Denis (93) (ligne 13 : Metro Saint-Denis Basilique)

Tir au fusil et pommes d'amour

A l’occasion de la célébration du 70ème anniversaire du soulèvement, le 16 mai 1944, du « camp des familles tziganes », d’Auschwitz II- Birkenau, La voix des Rroms vous invite à un Spectacle Politique Forain. Il se tiendra là où il est fait mention la première fois de la présence des « Tziganes » sur le territoire de France : le parvis de la basilique de Saint-Denis (93). Au même moment dans plusieurs villes d’Europe sous l’impulsion de La voix des Rroms, les  organisations rroms européennes mèneront des actions pour ce qui s’appelle désormais le « Romani Resistance Day » #16May.

Ce rassemblement est un acte vivant d’auto-affirmation et d’émancipation collective, dans un contexte français et européen d’amplification de la violence politique à l’endroit des communautés les plus marginalisées, dont les Rroms les plus pauvres ne sont que le point de concentration, et qui à terme détruira la vie de tous ceux qui seront jetés en-dehors de la mise en rente du vivant. Ses instigateurs ont le rêve que le feu qu’il engendrera sera à la mesure inverse de l’injustice qui frappe depuis trop longtemps et sans rupture, avec au milieu les camps, l’ensemble des Rroms d’Europe, et avec eux, ceux qui, des morts libérés, pourraient bien le devenir.

SAMEDI 17

- Tribune politique de Franz Liszt l’Orphelin

- Tarné Spilari (Jazz manouche)

- O Baro Syntax (Rap Gitan)

- Mandrino de la Zor et les enfants perdus ( Joc Tzigane)

DIMANCHE 18

- Raymond Gurême le forain et les petits chevaux héroïques

- Danses des enfants d’or

- Avava-Ovava (le temps libéré par la formule)

- Eric Fassin & Roms & Riverains

- violon préparé

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13 mai 2014 2 13 /05 /mai /2014 18:47

Un film qu'il vous faudrait avoir vu pour qu'il vous regarde en vous montrant que ce que vous croyez de l'Algérie n'est pas commensurable avec l'inépuisable territoire que désigne ce nom. Un film à chaque fois raté, croisé une première fois au Festival Entrevues de Belfort en décembre 2013, puis une seconde fois aux Rencontres internationales des cinémas arabes de Marseille en avril dernier, avant de pouvoir enfin nous autoriser à ce que l'on puisse en face de lui fixer quelques idées à la suite d'une projection en présence des réalisateurs du film, samedi 10 mai dernier, au cinéma L'Ecran de Saint-Denis dans le cadre du Panorama des cinémas du Maghreb et du Moyen-Orient.

 

Chantier A (2013) de Tarek Sami, Lucie Dèche et Karim Loualiche

 

L'inépuisable et l'épuisé

 

« Les images, comme ces oisillons, servent aussi à cela : à voir le temps qui vient. A démonter le présent en remontant vers le passé, en remontant le passé, en délivrant de là quelque indice pour le futur. Elles servent aussi à remonter le présent et ''voir venir l'avenir'' à travers un certain passé, de manière que chacune des trois temporalités éclaire – souligne, ponctue, critique, délivre – les deux autres »

(Georges Didi-Huberman, Sentir le grisou, éd. Minuit, 2014, p. 26-27)

 

http://chercheursdautres.com/wp-content/uploads/2013/05/ChantierA.jpg« Voir venir l'avenir » : il faudra bien arriver au terme du chemin ouvertement accidenté qu'arpente Chantier A pour voir, au bout du compte, que vient vers soi l'impossible. Un chemin non pas emprunté à partir de ceux qui, balisés, existeraient déjà mais un chemin tracé pied à pied par ceux-là qui se sont mis en tête d'auto-produire leur film puis se sont mis en marche afin d'en dénicher les images, pas à pas. Un chemin pour voir l'avenir que Chantier A aura vu venir, au-delà même de ce que ses auteurs y auront mis ou vu, déployant sans intentionnalité aucune une temporalité chiasmatique qui, faisant jouer entre eux le passé et le futur afin de les croiser, serait celle, exemplairement, du futur antérieur. C'est qu'un film, un bon, sait voir le temps qui vient depuis le temps qui passe, il sait voir venir un avenir que ne peuvent prévoir, voire oser imaginer, ses auteurs qui auront cheminé là où leurs pas les auront emmenés dans l'imprévisible destination d'une marche ayant depuis fait son chemin dans la tête du spectateur. La mise en marche du film pourrait logiquement s'identifier à son ouverture, la première chose filmée par la triade des réalisateurs, un enterrement à flanc de colline sous une pluie fine dont quelques gouttelettes mouillent l'objectif de la caméra. La cérémonie funéraire sous les auspices desquels se place terriblement ce premier long-métrage est celui du grand-père de l'un de ses trois auteurs, Karim Loualiche, un garçon d'une trentaine d'années qui, parti en France depuis dix ans, n'était pas retourné depuis dans le village kabyle de ses parents. Avant d'être accueilli dans les larmes pudiques de sa mère et de sa sœur comme dans un western de John Ford, Karim aura traversé de nuit une plaine dont le crissement sous ses pieds du marcheur atteste qu'elle est recouverte de neige. Dans le dernier plan de Chantier A, la blancheur de la neige viendra occuper tout l'écran recoupant la plaine traversée depuis le fond du plan par ce dernier, arrivant du blanc pour en repartir – à moins qu'il ne s'y fond, allégoriquement. Entre-temps, s'énonce comme un gag la vérité du contretemps caractérisant la situation existentielle de Karim : arrivé en retard pour l'enterrement du grand-père, il est aussi arrivé trop tôt pour la mise en terre de sa grand-mère qui sait témoigner malgré son âge avancé d'une belle vitalité. Trop tôt, trop tard : entre deux morts – l'une déjà réelle et l'autre seulement possible ; comme entre deux temps – la mémoire d'hier et la considération de ce qu'hier ressemble de moins en moins à aujourd'hui. Ce contretemps déterminerait autant l'impulsion au nom de laquelle Karim décide alors de se remettre en marche en quittant le village familial, accumulant le long de chemins qui n'existaient pas avant qu'il ne les invente des perceptions promises à devenir des souvenirs et à soutenir des images susceptibles de redessiner la carte algérienne au-delà de ses délimitations nationales-étatiques, que la puissance rétrospective d'un film finalisé depuis l'impossible décès par crise cardiaque de ce dernier à l'âge de 36 ans. Les images, à l'instar des oisillons utilisés par les mineurs afin de les prévenir de toute trace de ce gaz hautement inflammable qu'ils appellèrent le grisou, disposeraient donc dans une métaphore employée par Georges Didi-Huberman de ces « plumages divinatoires » (idem) dont le frémissement se ferait sentir, rétrospectivement, avec l'ouverture de Chantier A lorsque la conjonction du chant funéraire et la grisaille pluvieuse semblent idéalement se matérialiser dans ces gouttes ponctuant l'objectif qui sont alors comme des larmes essuyées par le chef opérateur de cette scène inaugurale, sans qu'on ne puisse savoir si se trouve derrière la caméra Karim Loualiche ou Tarek Sami (Lucie Dèche s'occupant pour sa part de la prise de son). Le caractère indiscernable de la figure du filmeur exposerait ainsi une déhiscence structurale dans la représentation qui, sans se réduire à la perspective réflexive selon laquelle Karim en tant qu'il est l'objet et le sujet de son documentaire est à la fois lui-même et un autre (autrement dit un personnage et de documentaire et de fiction), vérifierait autrement l'essentiel motif du contretemps. Contretemps par le biais duquel les auteurs dans la marche d'un film en train d'être tourné mais pas encore réalisé ainsi que les premiers spectateurs du film plus tard réalisé ne peuvent encore soutenir (ils ne le pourront dès lors que rétrospectivement) l'idée qu'il aura vu venir l'avenir de la mort imprévisible de l'un d'entre eux.

 

« Faire du cinéma écrivait Pier Paolo Pasolini, c'est écrire sur du papier qui brûle » (cité par Georges Didi-Huberman, opus cité, p. 90). Ce papier qui brûle, c'est aussi l'écran blanc comme neige sur lequel sont projetées les images témoignant présentement d'un passé qui aura vu venir l'avenir (et ce témoignage au présent d'un passé ayant vu l'avenir avère par conséquent la perspective temporelle du futur antérieur). Dit autrement, et de manière canonique, c'est la fameuse « mort au travail » définie par Jean Cocteau. S'il n'y a rien de plus contingent que la mort tombant sans qu'on y prenne garde, fondant sur nos têtes ou bien contrariant nos pas par mégarde et sans calcul, sa frappe assure aussi d'une nécessité obligeant à reconsidérer (et cette considération induit une pensée du montage comme remontage de la vie depuis son interruption subite par la mort subie) toute une trajectoire de vie. Depuis elle. Là encore, il est impossible de ne pas penser à nouveau à Pier Paolo Pasolini, d'une part quand il évoque la mort comme synthèse et montage de toute une existence et d'autre part quand il insiste sur ce qui reste et résiste d'une existence mortellement interrompue. « Le cinéma serait donc survivance –''le cinéma en pratique est comme une vie après la mort'' (il cinema in pratica è come una vita dopo la morte), écrit Pasolini en citant presque textuellement des formules célèbres qui, de l'Antiquité à la Renaissance, auront eu cours à propos de la peinture – dans la mesure où il se fait poème, c'est-à-dire une certaine façon de penser le montage comme art de rimes, conflits ou d'attractions rythmiquement déclinées. Comme un art de la pensée qui se situerait par-delà toute doctrine, un art de la politique qui se situerait par-delà tout mot d'ordre, un art de l'histoire qui se situerait par-delà toute stricte chronologie » (Georges Didi-Huberman, op. cit., p. 92-93). La survivance désigne alors ce qui, dans le travail de la mort imperceptiblement enregistrée par Chantier A et que n'auront pas vu venir les deux auteurs qui ont dû depuis apprendre à lui survivre, résiste à la mort. Si le contretemps manifeste la défaillance des temps et, dans le faux-raccord de leur articulation, l'intrusion interruptive de la mort, la survivance atteste de la résistance depuis les discordances mortelles du temps de la vie dès lors envisagée comme persévérance. Alors que le contretemps vérifie enfin l'impossibilité du retour pour celui qui, revenant après dix d'absence au pays natal, ne peut que constater que le temps a passé, la survivance affirme de son côté que ce qui persévère dans ce qui change mérite que l'on aille y voir d'un peu plus près, quitte à s'y abandonner. Deux images comme deux métaphores dont la fraternité (dirait Jean-Luc Godard) ou l'hospitalité (dirait plutôt Marie-José Mondzain) ou l'amitié (ainsi que nous préférons le dire) ferait le sel d'un tel geste de cinéma : c'est, d'une part, l'énorme pierre patiemment entreprise par un gars du coin afin d'être cassée en deux et c'est, d'autre part, la mention faite par la grand-mère des routes fermées alors que précisément le film s'échine à les ouvrir, quitte à ce que leur ouverture se fasse en marchant, pas après pas.

 

Il faut dire ici que tout Chantier A, qui commencerait sous les auspices de John Ford pour se poursuivre sur les brisées de Michelangelo Antonioni, est construit sur le mode d'une longue dérivation pavée d'épiphanies sédimentées (ou de cristaux d'intensité comme l'aurait dit Virginia Woolf), chaque séquence se posant comme un bloc valable presque pour lui-même et pavant le chemin improvisé et accidenté de Karim. Et cela à partir de l'expérimentation poético-pratique (Karim est poète et commente poétiquement son parcours) de l'impossibilité d'un retour conditionnant une fuite en avant parmi les survivances d'une Algérie ainsi saisie dans toutes ses multiplicités, depuis la Kabylie jusqu'aux Touaregs en remontant pour finir du côté de Constantine. Multiplicités des chants, des rituels et des énoncés critiques, diversité des formes culturelles et des formes de vie, épars fulgurants des jaillissements et des rencontres, toutes inoubliables : voir venir l'avenir, c'est aussi voir venir l'inoubliable en saisissant l'Algérie dans le divers éparpillé des multitudes qui, peu ou prou, sédentaires comme nomades, régionales et continentales, résistent à leurs manières aux normes nationales-étatiques (par exemple linguistiques) du pouvoir central. L'Algérie vue depuis la porte (africaine) de derrière et à partir des fragiles interstices que la massivité des plaques tectoniques de l'État-FLN et du fondamentalisme islamiste soustraient la plupart du temps au registre de la visibilité et du sensible. L'Algérie envisagée non pas comme État-nation en ses frontières démarqué mais comme chantier ouvert aux quatre vents d'une refondation perpétuellement relancée le long de la ligne d'horizon. Ici comme ailleurs, « il faut dégager de l'entre pour faire émerger de l'autre, cet entre que déploie l'écart et qui permet d'échanger avec l'autre, le promouvant en partenaire de la relation résultée. L'entre qu'engendre l'écart est à la fois la condition faisant lever de l'autre et la médiation qui nous relie à lui  » (François Jullien in L'Ecart et l'entre. Leçon inaugurale de la Chaire sur l'altérité, éd. Galilée, 2012, p. 72 - et ces lignes écrites par le sinologue valent exemplairement aussi pour le cinéma de Wang Bing, par exemple pour Les Trois Soeurs du Yunnan). Ici, c'est par exemple un enfant qui, « brocanteur de l'humanité » comme le dirait Giorgio Agamben inspiré par Walter Benjamin, vole les chaussures de son père pour se fabriquer un joujou en affirmant que vivre relève aussi du détournement et du bricolage. Ailleurs, c'est le visage noirci par le soleil et creusé par le temps d'un homme du désert énonçant qu'être d'ici c'est vivre depuis l'origine du monde et qui, en fondu enchaîné, devient plaine sableuse balayée par le vent en ridule poussiéreuses. Il faudra également évoquer ces deux travellings latéraux qui se répondent symétriquement afin de brosser du côté de la fiction allégorique les lignes de fuite d'une existence renvoyant dos à dos les fanatismes mimétiques de la religion et du football. Il faudra aussi mentionner l'extraordinaire panoramique à 360° au nom duquel, à l'instar du personnage de Jack Nicholson dans Profession : reporter - The Passenger (1975) de Michelangelo Antonioni, le sujet filmant devient à son tout sujet filmé (par la femme qu'il voulait filmer et qui, par ce geste d'insolite retournement et d'insubordination, affirme un grand désir d'égalité dans le registre de la représentation). Impossible de tout décrire ici tant Chantier A épuise n'importe quelle entreprise d'exhaustion, et cela en vertu d'un rapport étrange à la durée qui, même si le film ne dure que 100 minutes, caresse le fantasme de l'indéfini (et, à ce titre, il est bien rare de prendre ce vieux cliché à revers ou à rebrousse-poil énonçant que plus un film est mauvais, plus il donne l'impression d'être interminable, précisément ici en nouant son appréciation à partir de la sensation qu'il pourrait durer beaucoup plus longtemps).

 

http://www.visionsdureel.ch/fileadmin/gallery/2014/portraits/8356_c_MiguelBueno.jpgPlus loin enfin, une lecture de Nedjma (1956) de Kateb Yacine et une projection de Éloge de l'amour (2001) de Jean-Luc Godard se feraient écho en ceci que le chantier décrit dans la première partie du roman comme l'enquête racontée dans la seconde partie du film valorisent au détriment de toute idée d'achèvement une vision dynamique, ouverte et processuelle. « Un adulte, ça n'existe pas » dit-on dans le film de Jean-Luc Godard (qui a par ailleurs souvent cité cette phrase d'André Malraux selon qui il n'y a pas de grande personne et selon qui aussi les gens sont plus malheureux qu'ils ne le pensent). Et un pays comme l'Algérie n'existerait peut-être pas davantage, consistant davantage qu'il n'existerait, idéalité ou sublimité qui formerait l'utopique socle commun partagé par une pluralité de formes de vie sociales et culturelles qui seraient libres, depuis leur immanente hétérogénéité, de bricoler leur autonomie comme elles le souhaitent. « Comme un art de la pensée qui se situerait par-delà toute doctrine, un art de la politique qui se situerait par-delà tout mot d'ordre, un art de l'histoire qui se situerait par-delà toute stricte chronologie » disait précédemment Georges Didi-Huberman. Et l'on aimerait ajouter que la puissance esthétique et donc politique de Chantier A, parce qu'elle se joue dans une perspective de pensée non-doctrinale de la multiplicité qui investirait autant l'histoire que la géographie, fait écho au geste tellurique et architectonique d'un autre grand film algérien vu cette année, Revolution Zendj de Tariq Teguia. De A (de Chantier A) à Z (de Revolution Zendj) en incluant dans les deux cas la nécessité significative d'en passer ou repasser par l'écran blanc (comme sable ou comme neige) comme par la case godardienne, ce serait là comme un abécédaire par le truchement duquel il faudrait alors finir par commencer et recommencer l'Algérie en en redessinant la carte depuis ses ouvertures et ses multitudes, ses temps et ses contretemps, ses jaillissements et ses incertitudes, ses plissements et ses interstices, ses survivances et ses discordances, sa mobilité et son hétérogénéité. Redonner de l'avenir à un pays victime d'une ossification étatique, subjugué depuis la fin du joug colonial par l'État-FLN ayant captivé la société (et dont l'énième symptôme en termes de capture ou de captivité aura été récemment donné à l'occasion de la réélection programmée de l'usé Abdelaziz Bouteflika) deviendrait ou redeviendrait ainsi la tâche urgente des cinéastes qui en sont issus, de part et d'autre de la Méditerranée. « Voir venir l'avenir », cela aura été aussi le chemin spécifiquement entrepris par le film de Tarek Sami, Lucie Dèche et Karim Loualiche qui auront rétrospectivement expérimenté que, si l'inépuisable est effectivement un nom possible de l'Algérie, l'épuisé, celui qui avoue particulièrement ici que son cœur palpite sans savoir pourquoi, aura été celui qui en aura jusqu'au plus profond de sa vie éprouvé l'onde sismique. C'est alors que Chantier A, un film dans lequel on chante par ailleurs beaucoup, ressemble, forcément après coup et imprévisiblement, au thrène, survivance du temps de la Grèce antique lorsque les funérailles s'accomplissaient en lamentations funèbres chantées par les aèdes se devant de rappeler les épisodes significatifs de la vie du défunt. Le thrène de l'épuisé, non pas parce qu'il aurait été fatalement victime d'une inépuisable Algérie (ce qui serait peut-être le cas de l'usé Abdelaziz Bouteflika), mais parce que l'inépuisable aura été vécu à son maximum d'intensité vitale par l'épuisé, au point d'abolition des intentions et de la succession linéaire des temps, et dans la dissolution du sujet filmant avec l'objet de son désir de filmer. Alors Chantier A ne serait pas loin de consoner avec le thrène évoquant l'exposition du cadavre d'Hector dans le Chant XXIV de l'Iliade de Homère qui commence ainsi : « Ils ramenèrent le héros dans sa noble demeure / Et le placèrent sur un lit sculpté ».

 

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25 avril 2014 5 25 /04 /avril /2014 18:19

Communiqué de presse -  le 24 avril 2014

 

Le comité local du MRAP de Saint Denis vient d’apprendre l’expulsion des Rroms vivant à la porte de Paris, face à la bourse du travail…

Si notre préfet MR Galli, n’a donné aucune suite concrète aux propositions faites par le gouvernement le 29 janvier dernier(jour anniversaire de l’appel de l’Abbé Pierre)et qu’il était chargé de mettre en ouvre, il s’empresse par contre, de déplacer les forces de l’ordre pour "évacuer" ce qui est désigné de manière quasiment "générale" comme étant un problème…Les Rroms, boucs émissaires, par excellence , ont été au cœur des campagnes électorales.

A Saint Denis aussi, Les Rroms ont été instrumentalisés : leurs inscriptions sur les listes électorales, pourtant de plein droit, ne pouvaient relever que d’un marchandage ou d’une manipulation selon le candidat socialiste qui avait porté plainte contre eux..

Monsieur Galli, préfet de la Seine Saint Denis , a lancé sa campagne anti-Rroms , lors d’un interview accordé au Parisien le 18 avril dernier. Il y annonce, force expulsions, en tenant compte dit-il, de la circulaire de 2012 qui prévoyait un diagnostic social systématique en préalable. En réalité, Monsieur Galli, en toute irresponsabilité, expulse de force vers un autre département, une autre ville, une autre "place" en aggravant encore la précarité. Seules trois familles auraient reçu des propositions d’hébergement : sans doute quelques nuitées d’hôtel…

L’état, le gouvernement ont de graves responsabilités dans le développement du racisme antiRroms. Comment accepter que cette communauté soit systématiquement mise en situation de totale exclusion et qu’en toute impunité des responsables politiques, et en particulier Mr Valls déclare qu’ils ne souhaitent pas s’intégrer…

Fort de son expérience de plusieurs années :

- Le MRAP de Saint Denis revendique un traitement égalitaire des Rroms qui doivent être considérés comme étant des citoyens à part entière avec les mêmes aspirations que tout le monde concernant l’accès au travail déclaré, à un logement, à la scolarisation …

- La mise en place de partenariat entre Rroms, état, collectivités locales , europe et citoyens engagés dans des associations ou collectifs, afin de réfléchir à d’autres alternatives que l’expulsion ou le maintien de bidonvilles dégradants. Des lieux d’accueil transitoires pourraient être répartis sur l’ensemble du territoire avec des financements qui existent au niveau de l’Europe. L’Etat à toute autorité pour demander à toutes les communes, quelque soit sa couleur politique, de participer à de telles initiatives.

Si Monsieur Galli prête une oreille complaisante aux élus qui se plaignent des Rroms, il n’a jamais souhaité rencontrer les personnes directement concernées et en particulier les Rroms, les associations et les collectifs. Note demande de table ronde à l’échelle départementale, régionale n’a jamais aboutie…Le gâchis humain se poursuit donc, sans état d’âmes concernant le devenir immédiat des plus fragiles.

Le représentant de l’Etat sur notre département confirme donc son image "autoritaire" sans se soucier des valeurs républicaines qu’il est sensé défendre.

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17 mars 2014 1 17 /03 /mars /2014 20:47

L'ensemble des collectifs DAL du 93 organisent une manifestation mercredi 19 mars à 14h devant la Sous-préfecture de Saint Denis, pour demander l'arrêt des expulsions, l'application de la loi Dalo et la loi de réquisition, le respect du droit à l'hébergement jusqu'au relogement, la régularisation des sans papiers.

manif-sous-pre-f-19-mars.jpg

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23 février 2014 7 23 /02 /février /2014 21:31

A nos collègues de l'enseignement,

Aux habitant-e-s d’ici et d'ailleurs,

A nos hiérarchies administratives diverses et variées

« Ne croyez pas que personne n’ose désobéir »

Elsa Triolet, 1941

 

Cri d'alarme de collèges du 93

Les établissements du second degré en Seine-Saint-Denis déplorent de nombreux dysfonctionnements. Et les informations dont nous disposons pour l'année prochaine concernant nos établissements nous font craindre le pire : hausse ou maintien du nombre de classes et d'élèves, baisse des moyens humains et financiers... Las de nous battre contre des moulins à vents, nous souhaitons alerter sur une situation qui mène à une dégradation en profondeur des conditions de travail de l'ensemble des personnels et qui conduit au sacrifice d'une partie importante de nos élèves.

De nombreux établissements de Seine-Saint-Denis et de façon générale de "l'éducation prioritaire" sont déjà dans des situations extrêmes. La pseudo réforme annoncée en janvier 2014 ne va quasiment rien changer voir aggrave la situation dans la majorité des établissements. Pourtant des solutions existent...

Chronique d'établissements qui sombrent

Nos établissements partent à la dérive. Nous pouvons en pointer les causes qui s'entrecroisent et s'ajoutent les unes aux autres :

- la baisse du nombre d'adultes dans les établissements en proportion du nombre d'enfants et la précarité d'une partie croissante des collègues (contractuels, CUI...) ;

- l'augmentation massive et imposée des heures supplémentaires et des postes d'enseignant-e-s répartis sur plusieurs établissements;

- l'aggravation des conditions de vie (logement, papiers, seuil de pauvreté...) et paupérisation d'une partie des familles et de facto des élèves, ce qui rend scandaleux, par exemple, la récente augmentation des tarifs de cantine décidée par le Conseil Général du 93 (janvier 2013) ;

- le non respect par l'administration de la carte scolaire qui mène au déplacement des élèves dans d'autres établissements à l'encontre du droit des familles;

- l'absence de réponses et de structures pour des élèves en grande difficulté psychologique voire psychiatrique, le manque d'AVS (auxiliaire de vie scolaire) pour les élèves avec un handicap, l’absence de formation pour les AVS ;

- le manque d'établissements qui conduit à la surcharge et à l'anonymat des élèves, des locaux inadaptés et la multiplication du recours aux "préfabriqués", un provisoire qui dure;

- le mépris des hiérarchies envers les personnels, leurs remarques et leurs propositions...

Quelles sont les conséquences pour des établissements comme les nôtres ? La plus grave concerne nos élèves : faiblesse des apprentissages, violences verbales et physiques entre élèves et envers les adultes qui rendent dangereuse au quotidien la présence dans le collège. Est-il acceptable que des élèves subissent et génèrent des comportements violents qui se banalisent et que nous n'arrivons pas réellement à endiguer ? Certainement pas. Des enfants ou des adolescents qui viennent avec la peur au ventre ou qui reproduisent ces comportements peuvent-ils "être" des élèves ? Nous ne le pensons pas. La question de la violence en milieu scolaire n'est pas qu'un "marronnier" pour les médias. C'est une lutte au quotidien de l'ensemble des personnels, mais elle nécessite des moyens humains que nous n'avons pas.

Passons sur le manque de locaux, sur les zones "dangereuses", sur le manque de structures d'accueil pour des élèves en grande difficulté scolaire qui se retrouvent noyé-e-s dans la masse, sur le nombre important d'éléments du règlement intérieur ouvertement transgressés quotidiennement et massivement, sur des problèmes propres à chaque établissement (pas de salle de permanence pour accueillir les élèves, ni de lieu adapté pour recevoir les parents, toilettes fermées faute de personnel...)

Et ce sont les élèves et personnels qui craquent, les un-e-s après les autres. La sécurité sociale devient la béquille d'un système éducatif malade qu'on ne cherche pas à guérir, nos hiérarchies se comportant comme des Diafoirus. Et évidemment face aux absences de moyenne durée, pas de remplacement : les collègues enseignant-e-s "titulaires de zone de remplacement" (TZR) sont déjà presque tou-te-s affecté-e-s en poste fixe à l'année dans des établissements, ce qui anéantit les possibilités de remplacement. Les contrats précaires se multiplient, avec des collègues qui se retrouvent du jour au lendemain, sans aucune formation, devant des classes, parfois sur plusieurs établissements. La situation est encore pire pour les collègues ATTE qui s'occupent du ménage, de la cantine ou de la loge : en cas d'absence de moins de deux mois, la charge de travail est répartie sur les collègues : pas de remplacement mais une pression quotidienne pour "augmenter la productivité". L'usure physique et psychologique est réelle, le cercle est vicieux. Symptôme du besoin de se préserver : le nombre de temps partiels demandés par les personnels.

Le "management" des directions d'établissement est en cause. Manque de dialogue, gestion de la pénurie avec des bouts de ficelle, vision comptable et mécanique de l'enseignement : nous sommes bien souvent confrontés à des directions distantes et dépassées.

Finalement, c'est la qualité de vie et de travail qui est fortement dégradée. Ceci pousse de plus en plus de personnes à éviter ou quitter ces établissements. Ce sont les élèves qui partent pour un ailleurs pensé meilleur, du moins plus sûr, qui rejoignent l'enseignement privé (financé par l'argent public) quand les parents en ont les moyens et/ou les réseaux. Ce sont les collègues qui cherchent à changer de poste, pour des conditions de travail moins difficiles. Le résultat ? Une homogénéisation des élèves "par le bas", une rotation de personnels qui empêche une construction d'équipes solides pour faire face et pour pratiquer correctement nos métiers.

A la rentrée de septembre ? Un nouvel iceberg !

Malgré les discours sur la refondation et les annonces médiatiques sur "l'éducation comme priorité", rien ne change concrètement. Nous sommes tou-te-s confronté-e-s à des DHG (dotations horaires globales, soit le nombre d'heures d'enseignement) qui sont proportionnellement en baisse par rapport au nombre d'élèves. On continue de nous imposer des heures supplémentaires au lieu de créations de postes qui permettraient une augmentation du nombre d'adultes dans les établissements...

Non, nous ne nous résignons pas à ce que nos classes puissent se transformer en "garderie" faute de moyens pour prendre en charge correctement les élèves. Nous voulons que nos élèves puissent bénéficier d'un enseignement de qualité, nous voulons pouvoir travailler dans des conditions décentes. Nous refusons d'être des établissements de relégation, dont le rôle serait seulement d'amener des élèves le plus vite possible vers la fin de la scolarité obligatoire. Nous croyons dans les possibilités émancipatrices de l'enseignement au niveau individuel et collectif, pour aider à la construction d'êtres responsables, de citoyennes et de citoyens. Et dans la possibilité de prendre plaisir à être à l'école.

On colmate, on écope et on change de cap ?

Voici nos revendications à court terme pour redresser la barre et fournir des conditions de travail correctes aux élèves et aux personnels:

- Augmenter de façon conséquente le nombre de personnels, avec des statuts décents :

- créer des postes d'enseignant-e-s (arrêt des heures supplémentaires et réduction au minimum des enseignant-e-s sur plusieurs établissements) ;

- renforcer les équipes de vie scolaire (assistant-e-s d'éducation, assistant-e-s pédagogiques, CPE) pour prendre en charge plus particulièrement les phénomènes de violence et pouvoir être dans la prévention ; prime ZEP pour les AED et AP comme le reste des personnels,

- créer des postes d'ATTE à la hauteur des besoins et mettre en place un remplacement effectif en cas d'absence;

- baisser le nombre d'élèves par classe : passer de 24 à 20 voir 18 élèves en seuil maximum pour l'enseignement prioritaire ;

- mettre en place un plan d'urgence de construction d'établissements scolaires pour avoir des établissements à échelle humaine et accueillir les élèves dans des conditions adéquates ;

- revenir aux anciens tarifs de cantine et organiser la mise en place de fonds sociaux à la hauteur des besoins, y compris pour les sans-papiers ;

D'autres éléments sont à imaginer, comme la possibilité de dédoubler des classes, de baisser le temps de présence devant élève pour faciliter la coordination de projets pédagogiques entre les différents personnels, pour avoir un suivi effectif des élèves...

Nous savons que nous ne sommes pas les seul-e-s concerné-e-s : nombreux sont les établissements dans une situation proche des nôtres. Nous pensons qu'il faut un plan de rattrapage pour l'enseignement prioritaire, à la hauteur des enjeux et pour l’ensemble de l’enseignement au-delà. Pour nos élèves, pour nous, nous avons décidé de ne pas courber l'échine.

Nous appelons l’ensemble des collègues à suivre l’appel de l’AG de gréviste du 13 février : la grève reconductible à partir du mardi 4 mars.

Les personnels mobilisés du collège Elsa Triolet (Saint-Denis, 93) en grève à 63% le jeudi 13 février.

 

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23 février 2014 7 23 /02 /février /2014 21:28

Au collège Elsa Triolet la lutte continue pour des conditions de travail correctes pour les personnels et pour les moyens d’accueillir correctement les élèves. Coordonné-e-s avec les collèges de Saint-Denis et répondant à l’appel de l’Assemblée Générale départementale du 6 février, les enseignant-e-s étaient en grève jeudi 13 à 63% (après une grève à 40% le 6 février).

Ce vendredi 14 février les parents d’élèves mobilisés pour les mêmes raisons que les personnels de l’enseignement ont décidé de faire un « collège désert », comme plusieurs collège du district l’ont fait cette semaine (Fabien, Barbusse, Courtille…) en appelant les familles à ne pas envoyer les enfants au collège et en organisant le blocage du collège de 7h30 à 10h50 puis de 13h15 à 15h. Les cours n’ont pas pu se tenir dans l’établissement.

La vague de fond qui grandit dans le département et qui fait suite à la mobilisation entamée dans le 92 depuis la mi-janvier va continuer à la rentrée des vacances scolaires.

L’assemblée générale des grévistes du 13 février appelle les établissements à la grève reconductible à partir du 4 mars. Les personnels mobilisés du collège Elsa Triolet rejoignent cet appel. Les parents d’élèves continuent de se mobiliser également.

Nous relevons la tête, nous ne nous résignons pas !

Ensemble nous gagnerons !

 

La plateforme de revendications décidée en assemblée générale du 93 le 6 février 2014 :

Refus :

- des baisses de DHG

- de la suppression des heures statutaires

Pour :

- le respect des seuils

- l’abaissement du nombre d'élèves par classe

- l’ouverture immédiate de toutes les divisions pour faire face à la hausse démographique

- le respect des horaires réglementaires en LP

- la titularisation de tous les précaires

- le retour des heures 93 dans tous les établissements et toutes les divisions

- la mise en place d’un plan de rattrapage et de développement pour créer tous les postes nécessaires (rattrapage sur les fermetures des années 2002 à 2013, rattrapage lié à l’évolution démographique, développement pour abaisser les effectifs).

 

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16 décembre 2013 1 16 /12 /décembre /2013 17:33

Ce dimanche 15 décembre, les expulsés du 50 et du 103 Gabriel Péri, se sont installés, avec leurs soutiens, dans la Basilique de Saint-Denis pour obtenir un hébergement. Le Préfet refuse de les héberger, alors qu’à Saint-Denis même où ils sont à la rue depuis 194 jours, un local d'accueil de 60 places vient d'ouvrir.

Pire, contre l’avis de l’église catholique, il a envoyé sa police évacuer la Basilique, ce qui ne s'était jamais vu. C’est la première fois depuis l’intrusion de la police dans l’Eglise Saint-Bernard en 1996 que cela se produit. Les policiers ont bloqué l’entrée de la Basilique toute l’après midi. Un comble : l'ancien évêque du diocèse, le Père Olivier de Berranger, de passage à Saint Denis, s'est vu refuser l'entrée de la cathédrale par la police! Le Maire, qui voulait aussi y entrer, en solidarité avec les mal-logés, a même été molesté. Le Préfet a préféré utiliser la violence plutôt que de faire appliquer le droit à l’hébergement dont il est le garant.

Une manifestation de 200 personnes s’est ensuite dirigée vers le nouveau centre d’hébergement, qui vient de s’ouvrir à Saint-Denis dans les logements de fonction de l’ancienne gendarmerie désaffectée depuis plusieurs années. Tout le monde a pu vérifier que sa taille permet tout à fait d’héberger les 27 personnes qui sont à la rue depuis 6 mois.

Les associations et organisations qui soutiennent les habitants des 50 et 103 rue Gabriel Péri exigent du Ministère du Logement qu'il décide d'héberger enfin les 27 personnes qui sont à la rue, dans le local ouvert à Saint-Denis ou tout autre lieu d’hébergement décent. Il y a urgence.

Pour obtenir cet hébergement, la mobilisation continue.

Le collectif des habitants du 50 et du 103 Gabriel Péri et les soutiens (DAL, Réseau Solidarité Logement, APEIS, CCFD Terre Solidaire, Coordination des foyers de Plaine Commune, Coordination 93 de lutte des sans-papiers, EVT, LDH, MRAP, RESF, UL Solidaires, AL, Front de Gauche, NPA, PCF, PSG)

 

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19 mai 2013 7 19 /05 /mai /2013 17:34

Article publié dans le mensuel Alternative libertaire de mai 2013

Depuis plusieurs mois la mairie de Saint-Denis est en ébullition à cause du management autoritaire et de la souffrance au travail qu'il engendre. Les élu-e-s font la sourde oreille mais la résistance s'organise autour du syndicat Sud Collectivités territoriales (Sud-CT). En toile de fond, ce sont l'après-municipales 2014 et la rigueur dans les collectivités territoriales qui sont en jeu.

La situation se dégrade pour les salarié-e-s à la mairie de Saint-Denis. Cela passe par des convocations et des tentatives d'humiliations de la part de la hiérarchie, des pratiques d'intimidation y compris contre des syndicalistes de Sud, des obstructions au droit de grève, une pétition de cadres contre le droit de manifester... et cela dans différents services (culture, santé, social, petite enfance...). Et ce sont les arrêts de travail qui se multiplient. Il y a quelques mois, une tentative de réorganisation par le haut du service de santé a mis le feu aux poudres. Au final c'est l'organisation du travail qui est bouleversée au mépris des travailleuses et des travailleurs. Tout cela dans la plus grande mairie Front de gauche (FdG) de France.

Grève hebdomadaire

Pour ne pas s'épuiser et réussir à fédérer un maximum de collègues, une grève d'une heure hebdomadaire, « les vendredis de la colère », s'est mise en place. Pour le moment la mairie tente d'ignorer le mouvement croyant avoir affaire à des « agitateurs » sans se rendre compte de la profondeur du malaise et de la force de la mobilisation. Attitude par ailleurs suicidaire par rapport aux élections de l'année prochaine, et qui divise le FdG qui compte la Gauche anticapitaliste à Saint-Denis...

Le syndicat Sud-CT de la mairie est le seul qui soutien, porte et coordonne ce mouvement. Son analyse de la situation [1] peut se résumer ainsi : l’État a annoncé en février dernier dans le cadre des économies à faire face aux déficits (créés par les capitalistes...) une baisse des dotations aux collectivités locales de 4,5 milliards sur trois ans. Par ces méthodes de management, la mairie anticipe des coupes budgétaires à venir (donc des services réduits à la population) en cherchant à « briser » des salarié-e-s particulièrement impliqué-e-s et combatives (ce sont majoritairement des femmes).

Le PS aux commandes

Ce n'est pas le premier mouvement de salarié-e-s dans une mairie PC. Le petit plus, à Saint-Denis, vient du fait que le maire actuel, Didier Paillard, a laissé la main mise au PS sur les postes-clés de l'administration. Par exemple, le directeur général des services, François Tchékémian, fait aussi une carrière au PS, et c'est lui qui pilote dans les faits la politique municipale en direction des salarié-e-s. Et les socialistes sont en embuscade pour essayer de récupérer la mairie, politiquement cette fois, en 2014. Cette situation est révélatrice de la baisse d'influence et de force du PC.

Pour comprendre pourquoi une mairie FdG, soutenue par des élu-e-s Lutte ouvrière, applique un management autoritaire, on peut se dire que la pratique du pouvoir et des institutions, mêmes locales, oblige à des compromis au nom du « pragmatisme » et du « principe de réalité ». Aucune institution ne peut faire abstraction du système dans lequel il existe, même en se réclamant du communisme municipal. D'autant que ce dernier s'inscrit dans un régime de délégation élective de plus en plus éloigné des réalités de la population...

Sergio L. (AL Saint-Denis)

[1] Les tracts et les vidéos de la mobilisation (très dynamiques) sont sur le blog de l'union locale Solidaires de Saint-Denis : solidaires.saintdenis.over-blog.org

 

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18 mai 2013 6 18 /05 /mai /2013 07:55

 

Et si on sortait du discours que portent majoritairement les patrons, les "politiques" et les médias sur la question du travail? Dans un pays riche comme le notre (riche de ce que produisent les travailleuses et les travailleurs), la question n'est pas tant celle du nombre d'emploi que celle de son partage. Partageons les richesses et non la misère. Et récupérons ce que la bourgeoisie se met de côté, en particulier dans les paradis fiscaux. Évidemment cela passe par remettre en cause le fonctionnement actuel de la société et la main-mise des capitalistes sur nos vies.

La question du travail ne se réduit pas à l'accès à l'emploi, au temps de travail ou au montant des salaires... C'est aussi une relation au quotidien avec des hiérarchies et des patrons qui, dans le secteur privé comme dans le secteur public, pratiquent de plus en plus un management agressif et autoritaire qui vise à contrôler les salarié-e-s et diviser les collectifs de travail, pratiques en cours y compris à la mairie de Saint-Denis.

On ne changera pas les choses à coup de réformettes et il n'y a rien à attendre du "dialogue [chloroforme] social" en mode CFDT-MEDEF-PS. La solution au chômage ne viendra pas d'un patronat rapace mais du rapport de force que nous pourrons créer, des changements que nous imposerons. Encore faut-il réfléchir à la façon d'agir et de s'organiser pour (re)gagner à court et moyen terme, mais aussi à ce vers quoi nous voulons tendre pour changer la société et abolir le salariat.

Pour discuter de tout cela, le collectif pour une Alternative Libertaire de Saint-Denis vous invite

vendredi 31 mai à partir de 19h30 à la Bourse du Travail de Saint-Denis, rue Bobby Sands - Métro Porte de Paris

Débat en présence de Sébastien Chatillon SUD-Rail, Jean-Yves Lesage CGT du livre et François Le Floch contrôleur du travail.

Une garde des enfants sera mise en place. Apéritif convivial en fin de réunion

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6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 15:09

Lundi prochain le 8 avril au cinéma de Saint-Denis aura lieu la projection d'un documentaire sur les expulsions des Roms, à partir de 20h30.

Si vous êtes intéressés vous pourriez venir. L'entrée est libre.

La projection sera suivie d'une rencontre avec le réalisateur et d'un verre convivial.

 

Pour plus d'informations sur le film : http://www.cinemas93.org/actu/avant-premiere-terrain

 

ACCES

L'Ecran / 14 passage de l'Aqueduc / 93200: Saint-Denis

Basilique de Saint-Denis (ligne 13)

Bus arrêt Marché de Saint-Denis (lignes 168, 254, 255 et 256) ou arrêt Basilique de Saint-Denis / Hôtel de Ville (lignes 153 et 253)

Tramway arrêt Marché de Saint-Denis (T5) ou arrêt Basilique de Saint-Denis (T1)

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