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  • : Nous sommes des militant-e-s d'Alternative libertaire habitant ou travaillant en Seine-Saint-Denis (Bagnolet, Blanc-Mesnil, Bobigny, Bondy, Montreuil, Noisy-le-Sec, Pantin, Rosny-sous-Bois, Saint-Denis). Ce blog est notre expression sur ce que nous vivons au quotidien, dans nos quartiers et notre vie professionnelle.
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10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 20:23

Article tiré du blog des communistes libertaires de la CGT : link

 

« Faut-il faire confiance au gouvernement et au Medef, ou se mobiliser ? Chômage, pouvoir d’achat, logement, santé nécessitent des réponses immédiates. La CGT propose de traduire avec les salariés les dix exigences détaillées ci-dessous en revendications justes, précises, portées par tous, dans chaque entreprise, pour obtenir des résultats concrets : le seul risque que l’on prend en se mobilisant c’est éventuellement d’être entendu ! » avance dans son préambule la page du site national de notre confédération (voir ici) consacrée à exposer les dix exigences de la CGT afin de proposer aux salarié-e-s de résoudre ensemble la crise actuelle. Il ne s’agit plus « d’être entendu », à moins de considérer qu’il s’agisse de se faire entendre de la majeure partie du salariat. Il s’agit désormais d’entrer vigoureusement dans la lutte afin d’inverser la tendance actuelle des rapports de force qui, sinon, nous enverrait toutes et tous dans le chaos social sur le terreau duquel a toujours surfé le fascisme.


Nous souhaitons,  au travers de l’analyse que nous faisons ci-dessous des 10 exigences Cgt, lancer le débat parmi les équipes syndicales Cgt afin de mettre le curseur sur des réponses anticapitalistes à la crise du système, dans l’objectif de contribuer en tant que Cgt à un processus de changement radical.

 

1)  Revaloriser les salaires, les pensions et les minima sociaux :

 

Dans le privé, ouverture des négociations annuelles obligatoires par anticipation sur 2012 ; dans le public, rouvrir la négociation salariale ; porter le Smic à 1 700 euros brut par mois ; résorber les inégalités de traitement entre les femmes et les hommes.

 

L’explication de la CGT : 1 salarié sur 2 gagne moins de 1 500 euros par mois ; l’écart salarial demeure de 25 % entre les hommes et les femmes ; 8,2 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté avec moins de 954 euros par mois et la moitié avec moins de 773 euros ; les salaires ont eu la plus faible progression les dix dernières années ; pour la première fois depuis 1945, la masse des salaires versés en 2009 dans le privé a été inférieure à celle de 2008.


Notre analyse : 1700 euros brut pour vivre, ça ne fait quand même pas lourd. Certaines organisations politiques ont donc cru bon de jouer la surenchère en mettant dans leur programme le SMIC à 1700 euros net. Il y a là une erreur fondamentale, qui est de chiffrer en net plutôt qu'en brut. En effet, chiffrer en brut englobe en plus du salaire net le volant des cotisations sociales depuis vingt ans victime d’une lourde ponction sous la forme d’exonérations (une prime patronale qui s’élève à 40 milliards d’euros par an à peine compensés par l’Etat, autrement dit nos impôts). Les revendications salariales ne portant que sur le salaire net ne signifient rien d’autre que l’amputation de la part socialisée du salaire (assurance chômage, maladie, etc.). Car le salaire socialisé constitue bien une alternative autant à l’assurance individuelle et privée qu’au stigmate de l’assistance (voir ici). Conclusion : oui à un chiffrage en brut, mais pas à seulement 1700 euros par mois.


Par ailleurs, « résorber les inégalités entre les femmes et les hommes » est en-deçà de l’égalité salariale entre femmes et hommes, pas moins. Et l’on ne voit rien de compliqué dans l’application de l’égalité.

Enfin, il aurait été bon de rappeler que les négociations salariales, même quand elles sont obligatoires comme dans le privé, débouchent sur des augmentations qu'à partir du moment où un rapport de force a été engagé. Et la meilleure équation pour favoriser cette tendance est la quadruple articulation du local (les équipes militantes de la base) et du national (le bureau confédéral) d’une part, de l’interprofessionnel et de l’intersyndical de l’autre. Et là-dessus, la confédération hélas ne pipe mot.

 

2) Contrôler les aides publiques aux entreprises :

 

Respect des critères de création d’emplois ; conditionner aux politiques salariales ; donner des moyens d’intervention aux représentants des salariés sur le bien fondé et l’usage de ces aides.

 

Rappel de la CGT : le montant des exonérations fiscales et sociales et autres aides publiques aux entreprises, ce sont 170 milliards d’euros = 9 millions de Smic annuels (cotisations sociales comprises).


Notre lecture : tout cela est bien vague, trop vague, même sur le plan des exigences. Il faut affirmer l’interdiction des aides publiques aux entreprises qui licencient. Et il faut les conditionner au respect de conditions (respect des conventions collectives et démocratie sociale, hygiène et sécurité, droit du travail et droits syndicaux du côté salarié, critères en termes écologiques du point de vue de la production et de la consommation). Il aurait été bon de rappeler que ces aides ne doivent pas se substituer aux cotisations sociales que les employeurs, et non les contribuables, doivent payer à leurs salarié-e-s en rétribution du travail effectué. Ces mêmes aides doivent également être remboursées par les entreprises qui en ont profité seulement pour satisfaire en dividendes les exigences actionnariales au lieu de revaloriser les salaires et créer de l’emploi, ou bien celles qui dégagent des profits nettement supérieurs à leurs bénéfices. Cette politique de l’aide publique devra engager progressivement le contrôle ouvrier des salarié-e-s sur leur propre entreprise, justement lorsqu’il s’agit de (faire) respecter les critères d’attribution de ces mêmes aides.

 

3) Contraindre les entreprises à des alternatives aux licenciements :

 

Majorer les cotisations chômage employeur sur les emplois précaires ; élargir l’assiette des cotisations et contributions sociales aux primes, stock-options, intéressement (1,3 milliard d’euros de recettes) ; élargir les pouvoirs d’intervention des salariés et de leurs représentants dans leur entreprise, leur groupe, voire leur filière d’activité ; reconnaitre la pénibilité des métiers ouvrant droit à un départ anticipé en retraite.

 

L’explication de la CGT : le système d’indemnisation du chômage ne bénéficie qu’à moins d’un chômeur sur deux. Le chômage des plus de 50 ans touche 810 000 personnes, soit 300 000 de plus qu’en 2008. Mesure spécifique pour les chômeurs en fin de droits, condamnés au RSA après une carrière complète du fait de la réforme des retraites.


Notre lecture : il y a ici un point de désaccord fondamental. Lors de la plupart des licenciements collectifs, les salarié-e-s et leurs représentant-e-s syndicaux opposent un plan alternatif aux licenciements, reposant en général sur un réinvestissement dans la boite. Le tissu industriel français est en effet laissé à l'abandon par les actionnaires, qui préfèrent investir dans des pays à moindre coûts salariaux. Donc les « alternatives aux licenciements » existent bien, mais les actionnaires n'en ont rien à cirer.


La seule contrainte qu'on peut exercer contre les licenciements pour le moment, c'est la lutte des travailleur-se-s. Et c'est là qu'on aimerait entendre un peu plus la confédération. Depuis le début de la crise, elle n'impulse rien et se contente de déclarations floues sur les licenciements, alors qu'il devient urgent de dire NON clairement et d'organiser les travailleur-se-s en conséquence. D'abord en impulsant une solidarité professionnelle et géographique, en popularisant et en faisant converger les luttes contre les licenciements mais aussi contre le chômage, la précarité et les salaires bloqués.


Ensuite, il faut porter des revendications fédératrices contre les licenciements, comme le droit de veto des travailleur-se-s. Nous renvoyons ici à l'article que nous avions publié sur les menaces de fermetures d'usines à PSA.

Concernant maintenant l'élargissement de l'assiette de cotisation aux primes, stock-options et intéressements. Nous sommes en accord avec cette revendication dans la mesure où elle participe bien à une augmentation du salaire socialisé. Pour autant, nous sommes dans l'absolu pour la réintégration de tous ces dispositifs dans le salaire fixe.

En effet, les primes sont en général attribuées à la tête du client, souvent adossées à des « objectifs personnalisés » afin de faire rentrer l'idée que chaque salarié-e est un entrepreneur à lui/elle seul-e. Derrière, il s'agit de monter les salarié-e-s ou les collectifs de travail les un-e-s contre les autres. Nous exagérons sans doute un peu et dans bien des cas, les primes sont fixes et l'objectif est simplement pour l'employeur de s'affranchir de cotisations sociales, mais toutes les dérives sont autorisé-e-s et il faut donc exiger la réintégration des primes dans le salaire fixe.

 

S’agissant de l’intéressement, la perspective est celle du capitalisme corporatif défendu aujourd’hui par Arnaud Montebourg. Or, l’intéressement ne permet pas de sortir du capitalisme et, ce faisant, déroge ainsi aux valeurs salariales de la CGT, puisque l’intéressement amoindrit la force émancipatrice du salaire socialisé.

Enfin, s’agissant des stock-options (dont on rappelle qu’elles ont été introduites en France à l’époque de la gauche plurielle avec Dominique Strauss-Kahn alors ministre de l’économie), il faut purement et simplement les interdire puisqu’elles subordonnent la gestion d’une entreprise non plus sur des critères industriels mais sur la logique strictement financière propre à la rentabilité actionnariale.

 

4. Suppression des exonérations fiscales et sociales sur les heures supplémentaires :

 

Privilégier les créations d’emplois et l’augmentation des salaires.

 

Rappel de la CGT : 186 millions d’heures supplémentaires au 2e trimestre 2011 équivaut à 400 000 emplois en rythme annuel. 3 milliards d’euros de perte de recettes pour la Sécurité sociale.


Notre lecture : Nous sommes complètement d’accord avec cette proposition. On ajoutera, pour l’analyse, que si les heures supplémentaires représentent des milliers d’emplois inoccupés, elles signifient aussi un surtravail qui détermine une augmentation du stress, des accidents de travail et des maladies professionnelles. Ce qui témoignent d’une dégradation des conditions de travail. Et cela, au nom de la promotion néolibérale de la « création de valeur pour l’actionnaire » synonyme de financiarisation de l’économie capitaliste. On peut également faire remarquer qu’exiger des emplois, c’est vouloir continuer à s’inscrire dans la dynamique capitaliste de subordination du travail vivant. C’est d’ailleurs pourquoi le statut des fonctionnaires est ici défendu, ne serait-ce que parce qu’il préfère au moins attribuer la question des qualifications professionnelles aux personnes plutôt qu’aux postes comme dans le privé. Un-e retraité-e comme un-e fonctionnaire, c’est un-e travailleu-r-se reconnu-e dans ses qualifications et ainsi en partie protégé-e de la violence contractuelle de l’emploi. Ce dont nous avons socialement besoin en termes d’exigence, ce n’est pas le plein emploi dont rêve encore la confédération. Ce qu’il nous faut, c’est une société qui libère le travail en le dissociant de la forme emploi qui n’en représente sur le plan capitaliste qu’une traduction appauvrie.

 

5) Stopper les suppressions d’emplois :

 

Orienter les investissements dans le développement industriel, la recherche et la préservation de l’environnement et créer les emplois nécessaires ; stopper la suppression d’un fonctionnaire sur deux et créer de nouveaux postes dans la fonction publique et les services publics, outils de cohésion sociale et d’efficacité économique et sociale.

 

Notre lecture : De même que la lutte concrète contre les licenciements fait défaut de la part de la confédération, comme nous l'avons dit au point 3, ces exigences manquent cruellement de rigueur et de précision. En effet,, c’était la bonne occasion d’évoquer le problème de la précarité, dans le privé tout autant (et peut-être même plus sur le plan quantitatif) que dans le public, dont la résolution réside dans la titularisation générale (s’agissant de postes indexés sur des besoins permanents, c'est-à-dire l'immense majorité) dans le public et la « CDIsation » dans le privé.

 

6) Développer les politiques publiques et les moyens des services publics :

 

Education ; santé ; recherche ; infrastructures…

 

Notre lecture : tout cela est trop facile car trop court, alors que les contre-réformes Chatel, Pécresse et Bachelot notamment détruisent l’école et l’université pour les deux premiers, et les structures de santé publique pour la troisième. Une école ou une santé à deux vitesses, c’est bien la preuve d’une société de classes dont l’antagonisme doit justement être pensé par une centrale syndicale comme la CGT afin de mieux le dépasser. La généralisation, voire l’abstraction concernant ce sixième point, c’est le symptôme d’un recul de la réflexion en termes de lutte de classe, y compris dans les domaines scolaire, universitaire, sanitaire et clinique. Et c’est bien pourquoi les communistes libertaires ont besoin de ce blog pour réaffirmer dans la CGT cette contradiction essentielle au cœur d’une société surdéterminée par l’économie capitaliste, et dont l’actuel durcissement (des riches plus riches entraînant des pauvres plus pauvres) entraîne une vague intolérable de dévastation et de reculs sociaux. La notion même de service public doit être réinvestie dans le double sens d’une démocratisation radicale associant usagers et agents, comme d’une émancipation économique qui devra être effective tant en dehors de la nuée des capitalistes privés que de ce gros capitaliste public que représente l’Etat.

 

 

7) Réformer la fiscalité en profondeur :


Accroître la progressivité de l’impôt sur le revenu et créer de nouvelles tranches pour les hauts revenus ; augmenter l’impôt sur la fortune (ISF) ; supprimer les niches fiscales inutiles selon leur impact économique et social ; soumettre à cotisation tous les revenus sans distinction ; alléger les impôts indirects (TVA) qui pèsent proportionnellement plus sur les plus modestes ; réformer l’impôt sur les sociétés en pénalisant le versement de dividendes et la spéculation pour favoriser l’investissement, l’emploi et les salaires ; revoir la fiscalité locale afin de réduire les impôts et taxes sur les ménages à revenu modeste ; réformer le financement de la protection sociale.

 

Notre lecture : soyons plus précis. Il faudra bien comprendre qu’il faudra totalement substituer aux impôts proportionnels (type TIPP et TVA qui représentent aujourd’hui la moitié des recettes fiscales en France) les impôts progressifs, les plus égalitaires car indexés sur les revenus disponibles des contribuables. « Réformer le financement de la protection sociale » devra aussi signifier l’engagement pour une nette séparation entre revenus salariaux et revenus fiscaux. Ce sont les employeurs (et seulement eux seuls) qui doivent payer la protection sociale de leurs subordonné-e-s, comme ce sont les impôts qui doivent financer le traitement des fonctionnaires. CSG de Rocard et CRDS de Juppé devront donc être abrogées, pendant que le manque à gagner devra être compensé par l’augmentation de l’impôt sur le revenu, le capital, le patrimoine (financier comme non financier), ainsi que sur les sociétés (financières comme non financières). Un jour viendra où, dans la société de l’après-capitalisme, la contradiction entre salaire et impôt sera résolue. 

 

8) Créer un pôle financier public


Etablir un mécanisme de crédits à taux réduits pour financer l’investissement productif : l’emploi, la formation, la recherche, les équipements.

 

Notre lecture : On sait tous que bien des entreprises se sont fait une spécialité de nous faire passer tout et n'importe quoi pour de l' « investissement productif », quitte derrière à délocaliser de l'équipement ou des savoirs achetés par ce biais. L'enjeu est donc bien, avant d'ouvrir le robinet des crédits à taux réduits, de s'assurer que cet investissement productif sera socialement utile. Ce qui signifie concrètement que la production économique doit être mise sous contrôle des travailleur-se-s, seuls à même de s'assurer de l'utilité sociale des investissements. On peut penser dans un premier temps à l'ouverture des livres de compte des entreprises, et dans l'absolu à des conseils de travailleur-se-s décidant dans chaque entreprise où va l'investissement. L'autogestion généralisée quoi !


Mais tout cela s'applique également au secteur bancaire. Revenons à la question du financement et du crédit. La proposition récurrente de « pôle financier public » portée par certaines organisations politiques appelle l’idée que l’Etat rafistole le secteur bancaire par la nationalisation. On sait comment tout cela se termine en général : par des secteurs bien renfloués ensuite vendus au privé avec pour horizon des rentes bien lucratives (rappelons-nous le règne Mitterrand). Un peu de conséquence serait de dire, à l’instar de Bernard Friot, que le financement productif et socialement utile doit être soutenu par l’extension de la cotisation sociale en « cotisation économique », prélevée sur les richesses produites par le travail, et dont les flux seraient ensuite démocratiquement redistribués afin de financer ceux qui, parmi les moyens de production, assurent le mieux-disant écologique et social (voir ici). La cotisation sociale devenue économique entraînerait ainsi une transformation révolutionnaire des rapports de production au terme desquels la société salariale ne signifierait plus la subordination à l’employeur mais l’émancipation des travailleu-r-se-s.

 

En Europe et dans le monde

 

9. Taxer les mouvements spéculatifs de capitaux et éradiquer les paradis fiscaux :

 

Notre lecture : cette neuvième exigence mériterait d'être précisée. Rappelons que si lataxe Tobin a été une des revendications phares du mouvement altermondialiste (en particulier ATTAC) elle a ces derniers temps refait surface dans les bouches d’Angela Merkel et Nicolas Sarkozy. Si l'on ne chiffre rien cela n'engage à rien.


Par ailleurs, une taxe signifie par défaut une acceptation des mouvements spéculatifs de capitaux, alors que c’est l’euthanasie des rentiers qui doit être exigée. Donc une telle revendication ne peut pas être une fin en soi.


Éradiquer les paradis fiscaux est déjà nettement plus radical et approprié au vu de l’urgence sociale actuelle. Sauf que cette éradication serait miraculeuse ou pure hypothèse si elle ne s’inscrivait pas dans un vaste mouvement social (par exemple européen) exerçant une puissante et continue pression auprès des gouvernements.

 

10. Mettre en place un fond européen de solidarité sociale et de développement économique :

 

Création par les états d’un fond, avec le concours de la Banque Centrale Européenne (BCE) pour financer le développement social et économique et réduire les inégalités.

 

Rappel de la CGT : les Etats ont su créer un fonds de 750 milliards d’euros pour sauver les financiers.


Notre lecture : ultime problème. Comment s’adosser à la BCE dont l’existence détermine ultimement l’expropriation des peuples hors de cette prétendue souveraineté dont les Etats auraient été les garants ? La BCE est l’organe européen du capital financier dont les mouvements spéculatifs laminent des sociétés entières (en Grèce bien sûr, mais également au Portugal et en Irlande, en Grande-Bretagne et en Espagne), ainsi prises en otage par des Etats qui volontairement bradent les richesses nationales afin de satisfaire les créanciers. C’est l’abolition de la BCE qui doit être exigée, et avec elle la fin d’une politique monétariste qui a interdit aux Etats de s’autofinancer en passant par leur propre banque centrale. Une politique qui a aussi entraîné la déflation salariale dont la conséquence est, à côté de la hausse de l’endettement des Etats, la hausse de celui des ménages. Si, comme le dit encore Bernard Friot, les sociétés sont en capacité d’extraire de la production annuelle de richesses une cotisation économique susceptible de se substituer aux emprunts bancaires, mêmes les banques (sauf à ce qu’elles aident à l’organisation de la distribution des flux de la cotisation économique) deviennent socialement inutiles. C’est au cœur du chaos que se devine dialectiquement une autre société possible. Ce devrait être là la première exigence…

 

En conclusion, les dix exigences proposées par la CGT souffrent d’être trop abstraites (exigence 6) ou très en deçà du minimum à exiger en regard de la situation actuelle (exigences 3 et 10). Et c’est bien dommage. Il faut aller beaucoup plus loin, déjà sur le principe même des exigences (ce qui est facile tout de même), afin de donner plus de poids et de légitimité au mouvement social. Ce dont nous avons ici grandement besoin s’agissant de contrecarrer la dynamique du moment qui consiste dans toute sa vilenie et sa bêtise à déshabiller Pierre (le salariat) pour habiller Paul (la rente privée et spéculative).


Et ce déshabillage, nommée de manière euphémique « rigueur » ou « austérité », ne signifie pas autre chose que ceci : l’empereur (l’Etat à la rescousse du capital financier) est nu. A nous de lui faire sentir que nous n’avons plus l’intention de l’habiller, et cela sans attendre !

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Published by Communistes libertaires du 93 - dans libertaires93
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