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  • : Communistes libertaires de Seine-Saint-Denis
  • : Nous sommes des militant-e-s d'Alternative libertaire habitant ou travaillant en Seine-Saint-Denis (Bagnolet, Blanc-Mesnil, Bobigny, Bondy, Montreuil, Noisy-le-Sec, Pantin, Rosny-sous-Bois, Saint-Denis). Ce blog est notre expression sur ce que nous vivons au quotidien, dans nos quartiers et notre vie professionnelle.
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Pour nous contacter: Alternative libertaire 93, BP 295, 75921 Paris Cedex 19 ou par e-mail (montreuil@al.org, saint-denis@al.org ou al93@al.org)

Vous pouvez nous rencontrer au marché de Noisy-le-Sec (2ème samedi de chaque mois, 11h-12h), au marché de la gare RER de Bondy (4ème samedi de chaque mois, 11h-12h), au marché Croix-de-Chavaux à Montreuil (2ème dimanche de chaque mois, 10h30-11h30) et à l'angle de la rue Gabriel Péri et de la rue de la République à Saint-Denis. Nous y vendons le mensuel Alternative libertaire.

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20 septembre 2011 2 20 /09 /septembre /2011 16:25
Pour information et pour soutenir ce mouvement :
 

Le lycée Mozart (Blanc-Mesnil) est ce jour touché par un mouvement de grève agents/enseignants.

Tract à l'attention des parents :

PAS DE CANTINE ET CERTAINS COURS SUPPRIMES AUJOURD’HUI AU LYCEE MOZART. POURQUOI ?

 

LES AGENTS DU LYCEE SONT ATTAQUES

 

LES PROFS SONT SOLIDAIRES


A la rentrée, les agents ont découvert leurs nouvelles conditions de travail catastrophiques et inadmissibles imposées par la Région Ile-de-France contre l’avis de tous les syndicats, et sans aucune concertation.


En effet, cette circulaire dégrade violemment leurs conditions de travail : ils sont obligés de rattraper les congés maladies (même en cas d’accident du travail !) ; leur pause déjeuner n’est plus comprise dans le temps travaillé : le temps passé à manger doit donc être rattrapé…


De plus, sur le lycée 4 demi-postes de CUI (emplois précaires) ont été supprimés avant même que le contrat n’arrive à son terme. 4 personnes se retrouvent sans emploi du jour au lendemain. Les agents qui restent sur le lycée voient leur charge de travail doubler : par exemple, 14 salles à nettoyer au lieu de 7 l’année dernière !!!

Ainsi, tous les agents sont en grève aujourd’hui et les professeurs sont solidaires (grève, pétition, manif…) Enseignants et agents, nous n’avons plus le même employeur depuis 2003 mais nous sommes toujours collègues. Nous subissons les mêmes attaques qui détériorent le service public d’éducation et les conditions de travail de vos enfants.

Nous exigeons immédiatement :


1. La pause déjeuner doit être comprise dans le temps de travail
2. Deux postes d’agents titulaires doivent être créés sur le lycée
3. La nouvelle délibération sur les RTT du 24 juin 2011 doit être annulée

Parents, soutenez-nous ! Contactez vos élus pour protester !

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7 septembre 2011 3 07 /09 /septembre /2011 14:57

 On fait le boulot, on veut les droits !

 

La précarité, c’est le contraire de l’émancipation

 

http://4.bp.blogspot.com/_EE_Dj8uQvLA/S1ktU83xzOI/AAAAAAAABV8/UAdOO5tvqc4/s320/precarite.jpgLe projet de loi gouvernemental, dit de « sécurisation des contractuels », concerne environ 1 million d’agents dont près de 500 000 agents dans la seule Fonction Publique Territoriale. Il privilégie l’introduction massive du CDI et n’envisage la titularisation que d’une partie très réduite des agents, dans des conditions incertaines.

 

Les agents maintenus dans la précarité de l’emploi sont confrontés à des discriminations majeures, que ce soit en termes de revenus, de mobilité professionnelle, de droits sociaux, de logement et de vie quotidienne. Ces agents, dans leur très grande majorité, subissent ce système sans l’avoir choisi.

 

Notre position est la suivante : la précarité organisée est le contraire de l’émancipation. Les contractuels aspirent tous à être titularisés à l’instar de leurs collègues fonctionnaires qui désirent tous conserver leur statut.

 

Le problème ce ne sont pas nos collègues précaires dont nous souhaitons la titularisation. Le vrai problème c’est cette précarité qui induit la disparition progressive de notre statut.

 

C’est pourquoi nous avons demandé et obtenu un rendez-vous avec le Maire pour analyser ensemble la situation de tous les précaires employés par la municipalité et pour connaître son point de vue sur l’application du projet gouvernemental à l’échelon de la collectivité.

 

Nous demanderons aussi l’ouverture de négociations afin d’aboutir à une politique locale de réduction du précariat.

 

Nos revendications sont : 

  1. la reconquête de l’emploi public par la création stricte de postes d’agents titulaires,

  2. la titularisation générale au-delà de 1 an d’exercice quel que soit le statut du non-titulaire (CDI pour les non-titulaires hors UE et pour les non-titulaires dont les conditions d’intégration leur seraient défavorables),

  3. la parité des droits salariaux (contrat, rémunération, droits sociaux, mobilité, maintien en emploi jusqu’à la titularisation et la cdisation).

Défendons tous ensemble nos conditions de travail

et le statut de la Fonction Publique en luttant contre la précarité !

 

Rejoignez la CGT des Territoriaux du Blanc-Mesnil et son collectif « précarité » afin de réaliser un recensement des précaires et ouvrir symboliquement un bureau d’embauche.

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15 juillet 2011 5 15 /07 /juillet /2011 09:08

Ca y est : la durée de cotisation pour toucher une retraite à taux plein va légalement de passer à 41.5 annuités ! Sans état d’âme, le gouvernement continue cette réforme injuste et sans fin. Le combat que nous avons mené en 2010 a été justement l’occasion de la création de notre comité de lutte du Blanc-Mesnil, constitué afin de rassembler le plus grand nombre, de manière unitaire et dans une perspective intersyndicale et inter catégorielle, pour contrer la politique de casse sociale de Sarkozy.

 

Le comité est depuis tombé en sommeil :

à nous de le réveiller, tant la situation le requiert ! Parce que c'est l'urgence sociale !

 

Le Parlement grec vient de voter un deuxième plan de rigueur. Au programme, austérité en mode accéléré et privatisations. Très vite ce sera le tour du Portugal, de l’Italie, de la France. Pourtant il n’y a pas de fatalité ! En Grèce et en Espagne, les Indignés refusent ce qui apparaît comme une véritable escroquerie et manifestent contre la rigueur qui n’est rien d’autre qu’une politique de classe menée par les riches contre les classes populaires.

 

Les peuples n’ont pas à payer la faillite de la finance !

 

La crise de la dette souveraine n’est qu’un nouvel avatar du partage inégalitaire des richesses et de son accumulation entre les mains d’une minorité qui a tous les pouvoirs. Dans ce contexte, les Français ne sont pas épargnés : pénurie organisée et hausse du prix du logement, allongement de la durée du travail (avec la remise en cause des 35 heures), allongement continu de la durée de cotisation pour une retraite à taux plein, chômage et précarité, SMIC et salaires des fonctionnaires bloqués, suppressions de postes dans la Fonction Publique (notamment dans l’Education Nationale), coupes budgétaires aussi bien au niveau national qu’au niveau des collectivités locales. Et pendant ce temps là, les banques continuent à faire des profits, les salaires des patrons du CAC 40 augmentent,  les plus riches contribuent moins à l’impôt.

 

C’est la règle de la double peine sociale : le recul des salaires a eu pour conséquence logique l’endettement et maintenant le remboursement par l’ensemble des contribuables de la dette publique. Et parmi les variables d'ajustement existantes, les services publics et les salariés précarisés sont les deux instruments privilégiés pour nous faire payer une crise dont les seuls responsables sont, non pas les classes populaires, mais bien les financiers, les rentiers et les banquiers. Le délabrement programmé des services publics ne manquera pas d’avoir pour conséquence une inévitable dégradation de nos conditions de vie.

 

Dans ce contexte, le Comité de Lutte du Blanc Mesnil a tout son rôle à jouer !

 

Les enseignants de Seine-Saint-Denis tiendront des assemblées générales de lutte dès la rentrée et manifesteront le 27 septembre prochain dans le cadre de leur appel national. D’autres mobilisations se préparent sur la précarité, dans la fonction publique territoriale notamment.

 

Mobilisons-nous ensemble dès la rentrée prochaine, débattons et construisons un large mouvement social ici, parce que nous y vivons, parce que nous y travaillons, parce que les services publics sont des biens communs qui appartiennent à toutes et tous. Et parce que la  précarisation du salariat et des services publics (éducation, santé, culture, logement), notamment dans les quartiers populaires, n'est pas tolérable plus longtemps.

 

Si ce constat vous semble légitime, comme il l'est déjà pour plusieurs agents territoriaux comme pour des agents de l'Education Nationale, nous souhaitons alors vous inviter à débattre sur l'adresse commune du comité tout l'été (en réagissant à ce texte ou en le signant le cas échéant : "comité de lutte blanc mesnil" <comitedeluttelbm@gmail.com>), afin de réussir un nouveau rendez-vous de notre Comité de Lutte à la rentrée au Blanc Mesnil ! Un tract est déjà en préparation, pour plusieurs diffusions estivales à partir du mois d'août, en attendant une réunion publique commune dans le courant du mois de septembre.

 
Le Blanc Mesnil, 14 juillet 2011
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10 juin 2011 5 10 /06 /juin /2011 15:48

http://www.cgt.fr/local/cache-vignettes/L113xH147/siteon0-dc90f.gif

 

Une CGT à l’offensive sur vos revendications  

en termes de salaire et de pouvoir d’achat,

c’est une CGT qui marque des points !

 

 

Alors que l’augmentation du coût des produits à la consommation n’a pas été compensée par l’augmentation progressive des salaires depuis 10 ans ;

 

Alors qu’en valeur relative, nos salaires ont perdu l’équivalent de 10 % ces dernières années ;

 

Alors que l’augmentation du taux de nos cotisations-retraite a débuté et va continuer jusqu’en 2020, afin d’abaisser nos pensions en les alignant sur celles du privé ;



Le gouvernement n’a rien d’autre à faire que de nous annoncer le gel scandaleux du point d’indice et le blocage des salaires des agents de la fonction publique pour 2011 et 2012.

 

C’est pourquoi nous avons été des dizaines de milliers à nous mettre en grève et à défiler le 31 mai dernier, pour manifester notre mécontentement et crier l’injustice qui nous est faite. Ce n’est pas aux agents, titulaires et non-titulaires, des trois fonctions publiques de payer avec les salariés du privé, la crise des banques déjà renflouées par nos impôts ! Ce n’est pas aux salariés de se saigner aux quatre veines, quand les entreprises du CAC 40 et leurs actionnaires ont touché cette année, plusieurs dizaines de milliards d’€uros de bénéfice, en plus de bénéficier du bouclier fiscal qui coûte à la collectivité quelques autres milliards !

   

A ce que l'Etat fait subir aux agents de la fonction publique, ainsi qu’aux collectivités territoriales puisqu’il assure de moins en moins son rôle de garant de l’autonomie financière des collectivités, la CGT tente d’y parer. Et elle y réussit localement, comme ici au Blanc-Mesnil !

 

Alors que nous avons été nombreux à nous mobiliser pendant des semaines, durant le mouvement social de l’automne dernier, contre la casse de notre système de retraite, la CGT des territoriaux a obtenu aux termes des négociations de fin de mouvement, le non-retrait sur salaire de 75 % des journées d’actions nationales et locales, ainsi que l’étalement mensuel des 25 % restants.

 

Alors que le gouvernement annonce le gel du point d’indice pour cette année et la suivante, la CGT des territoriaux a obtenu l’augmentation de 18.07 % du régime indemnitaire (primes et indemnités), seule marge de manœuvre disponible, quand le traitement indiciaire se voit bloqué au plus haut niveau de l’Etat. Cette augmentation signifie pour tous les agents qui travaillent pour la collectivité blanc-mesniloise, titulaires comme non-titulaires, l’augmentation nette de 2 % sur les fiches de salaire de tous !

 

Autre point très positif, cette augmentation bénéficiera de la même façon au CASC, ainsi la subvention allouée à notre comité d’entreprise, sera réévaluée de 2 %, ce qui représente près de 10.000 €uros supplémentaires de dotation…

 

D’autres dossiers revendicatifs sont en cours d’examen : la prise en charge partielle d’une mutuelle pour tous les agents, le combat pour la préservation du statut et la titularisation des précaires…

 

Ces résultats obtenus lors de plusieurs sessions d’un dialogue social respectueux des besoins du personnel et des revendications de la CGT, mais aussi grâce à la mobilisation des agents lors du mouvement social de l’automne dernier ou pendant le débrayage d’une heure et le rassemblement dans l’Hôtel-de-ville le 5 avril dernier, prouvent au final une chose importante :  

 

Parce qu’elle porte un projet social fort, la CGT des territoriaux est le seul syndicat du Blanc-Mesnil à gagner localement des points contre le recul national du pouvoir d’achat.

  

Parce que les agents se mobilisent en masse et dans l’unité, les conquêtes sont encore possibles.

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17 mars 2011 4 17 /03 /mars /2011 14:22

Les enseignants du Lycée Mozart du Blanc-Mesnil ont été reçus au Rectorat ce mardi 15 mars. Encore une fois, la logique comptable s'est opposée à l'intérêt général et à la logique pédagogique. En effet, le recteur doit supprimer 426 postes et pour des raisons d'"équité" doit répartir ces suppressions de postes sur plusieurs établissements et en priorité là où il n'y a pas de titulaires. Parents et élèves soutiennent les enseignants en grève reconductible, suivie massivement, jusqu'à récupération des 2 postes. Rencontré en délégation, Hervé Bramy, Adjoint au Maire chargé de l'Enseignement secondaire et supérieur du Blanc Mesnil, va s'adresser directement par courrier au Recteur et au Ministère.

 

A 18h00, aujourd'hui jeudi 18 mars, les enseignants participeront à une réunion des parents d'élèves (FCPE) qui aura lieu au lycée et irons à la rencontre des autres établissements scolaires de la ville (le collège Descartes notamment qui s'était mis en grève jeudi dernier afin de défendre des postes d'infirmière et de secrétaire), dans la perspective de la journée de grève de vendredi dans l'éducation en Seine Saint Denis. 

 

Vendredi 18 mars Grève et rassemblement
au Rectorat à Créteil à 9H (lycées), à l’I-A de Bobigny à 11h30 (collèges)
AG à Bobigny à 14.00 tous ensemble

Manifestation samedi 19 mars, départ 14H du Luxembourg

 

Signalons aussi :

Mercredi 23 mars, grève et rassemblement à Bercy, Parisde 11h à 13h

contre la précarité et le démantèlement de la Fonction Publique

(non remplacement des départs à la retraite, réduction drastique des effectifs, généralisation de l'externalisation et des privatisations, dégradation croissante du pouvoir d'achat des agents publics) 

  Titularisation immédiate des non-titulaires !

La CGT des Territoriaux du Blanc Mesnil s'y rendra en délégation.

 

 

 

 

Et n'hésitez pas à transmettre l'actualité de vos luttes au Comité de lutte du Blanc-Mesnil constitué par des syndicalistes dans la foulée du mouvement contre la casse de nos retraites (comitedeluttelbm@gmail.com)

 

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4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 08:03

http://www.africultures.com/tables/artistes/images/edouard_glissant.jpgNous avons malheureusement appris hier le décès du poète originaire de Martinique Edouard Glissant à l'âge de 82 ans, et dont le nom a été bienheureusement donné à la médiathèque du Blanc-Mesnil. Ce dernier était venu deux fois dans cet équipement culturel, en 2005 et en 2008. A cette dernière occasion, il a longuement été sollicité par des élèves d'établissements scolaires environnants, et malgré une fatigue visible, il a répondu avec un certain bonheur à toutes les questions que des jeunes du 93 adressaient à un homme qui a su tout à la fois inscrire son geste littéraire dans l'héritage poétique d'Aimé Césaire, ainsi que dans la vision philosophique d'une mondialisation dont les processus ne se limitent pas seulement à l'appropriation privative et lucrative, hier coloniale et aujourd'hui néocoloniale, des richesses existantes. La mondialisation qui, chez un poète partageant nombre d'atomes crochus avec la pensée de la "différance" disséminée de Jacques Derrida et la pensée "archipélique" de Gilles Deleuze, se comprend également comme l'infiniment recommencé mouvement d'une déterritorialisation qui prend dans son oeuvre le nom poétique de "créolisation" : autrement dit ce qui ne cesse pas d'excéder les identités fixées (identités linguistiques, identités culturelles, identités nationales) dans la valorisation du commun en ses formes perpétuellement diverses. Présent lors de la dernière venue d'Edouard Glissant au Blanc-Mesnil en 2008, nous avions à cet effet préparé quelques questions que la bonne volonté des élèves présents n'avait alors pas rendues nécessaires. Les voici, telles qu'elles demeurent à jamais séparées de la parole vive du poète, mais telles que toute son oeuvre dans le divers de ses expressions (poésie, romans, essais, théâtre, textes d'intervention...) en répond dans l'immortalité de son art accompli.   

   

 

1/ « Le monde se créolise » : voilà un constat qui détermine la poétique de la relation et du divers qui caractérise votre œuvre si singulière, et dont les confins voient se toucher les plaques tectoniques de la littérature et de la philosophie, de l’esthétique et de la politique. Pourtant cette créolisation du monde désigne un mouvement positif d’interpénétration linguistique et culturelle dont le versant négatif aurait pour nom l’appellation derridienne de « mondialatinisation », cette « alliance étrange de christianisme et de capitalisme » (Jacques Derrida), que Serge Latouche nomme de son côté après Martin Heidegger « occidentalisation du monde », que Toni Negri appelle du sien « empire », et qui est érigée aujourd’hui en « système globalitaire » (Paul Virilio). Mondialisation néolibérale, ère globalitaire, mondialatinisation, empire, occidentalisation : toutes désignations qui expriment l’envers chaotique de cet avers qui pour vous se nomme créolisation. Pensez-vous que nous avons affaire à une forme de composition instable de tendances divergentes, mondialisation et créolisation ensemble dans le même bateau du « chaos-monde » ? Ou bien pensez-vous que nous avons affaire à un processus dialectique au terme duquel triomphera la créolisation comme dynamique des diverses cultures composites submergeant les logiques identitaires et unitaires, hégémoniques et essentialistes, impérialistes et exclusives propres aux cultures ataviques, et dont un ministère dit de "l’immigration et de l’identité nationale" aura été un symptôme parmi d’autres ?  

   

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2/ Votre pensée est travaillée par plusieurs séries d’oppositions conceptuelles : aux dominations du monolingue, de l’identité génétique à racine unique, de la mesure réglée de la folklorisation et fixée du melting-pot, et de la prévisibilité du métissage, vous opposez les forces vitales du multilinguisme (que vous ne confondez pas avec la polyglossie), de la diversité rhizomatique des formes de vie en leur « digénèse », de la démesure baroque du « tout-monde » qui est « chaos-monde », et de l’imprévisibilité du monde se créolisant. Le caractère imprévisible et imprédictible du « tout-monde » se créolisant est ce qui m’autorise à établir une relation entre votre pensée et celle du philosophe Alain Badiou qui, lorsqu’il revient sur ce concept axial pour lui qu’est celui d’événement, insiste sur sa force d’irruption, d’interruption et de disjonction. L’événement est cet incalculable, cet imprévisible, cet imprédictible qui creuse un vide dans la situation présente, et sollicite une nouvelle forme de subjectivation afin de rester fidèle à l’événement déployé et d’en énoncer les procédures de vérité. Votre poétique de la relation et du divers est aussi une pensée de l’événement (culturel et linguistique notamment). Pourtant vous êtes capable d’écrire dans votre Introduction à une poétique du divers (éd. Gallimard, 1995, p.103) qu’il est impossible de lutter contre l’économie capitaliste des multinationales dont le caractère capillaire et réticulaire les a soustraites à toute forme de visibilité politique. Cette déclaration possède pour le coup un aspect prescriptif, normatif, prédictif et performatif qui pourrait contredire tout ce qui a été précédemment établi concernant la créolisation comme processus producteur d’événements. Alors qu’il faudrait opposer à l’atavisme capitaliste de la propriété privée lucrative, la diversité de l’appropriation collective et mondiale de multiples coopératives autogérées et fédérées en archipel. Voilà ce qui ferait événement quand règne la domination massive et mortifère du calcul capitaliste. Voilà ce qui intensifierait une créolisation qui intégrerait aussi la démocratie économique et égalitaire formée de l’archipel des multitudes productrices et créatrices du monde entier. Qu’en pensez-vous ? 

   

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3/ La créolisation comme processus infini d’interrelation culturelle et linguistique au sein duquel les différences s’auto-valorisent mutuellement est un mouvement qui excède selon vous toute pensée fixiste et essentialiste, c’est-à-dire toute science de l’être, toute ontologie, toute idée occidentale de l’être vertical à partir duquel l’existant s’érigerait triomphalement. Entre la pensée de l’être et celle du devenir, entre Parménide et Héraclite (pour citer les grands penseurs présocratiques), entre Nietzsche et Heidegger, vous avez opté pour la diversité, la multiplicité horizontale, rhizomatique et a-centrée du monde qui « change en s’échangeant » (opus cité) plutôt que la vision occidentale (aussi vieille que la métaphysique platonicienne) et systématique d’une essence unique à partir de laquelle tout découlerait. C’est pourquoi votre pensée relève selon moi d’une constellation à laquelle appartiendraient Jacques Derrida (vous partagez avec lui un même amour de la trace comme divagation et errance de l’existant), Gilles Deleuze (comme ce dernier vous pensez que la différence peut naître de la répétition), Gilbert Simondon (ce dernier a insisté sur l’aspect « allagmatique » de sa théorie philosophique consacrée aux échanges, aux modifications des états et à leurs transformations), ainsi qu’Alain Badiou (c’est une pensée des multiplicités que vous avez en partage tous les deux). Vous avez d’ailleurs explicitement repris des philosophes Gilles Deleuze et Félix Guattari le concept de rhizome que vous opposez justement au caractère unitaire et immobiliste de la racine. Pourtant, Gilles Deleuze affirme dans son ouvrage Différence et répétition que « l’Etre est univoque ». Badiou met en regard sa propre ontologie des multiplicités avec la métaphysique de l’Un qu’il voit chez Deleuze. Pensez-vous qu’il faille assurer la victoire philosophique de la diversité des étants sur l’unité majuscule de l’Etre, ou bien établir l’équivalence structurale entre Etre et étants, être et devenir, multiplicités et unité, toutes oppositions nominales qui ne seraient, par-delà tout nominalisme, que les différentes formulations d’un seul et même élan vital ne cessant jamais de se différencier (de différer aurait insisté Jacques Derrida) ? 

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4/ Le philosophe Bernard Stiegler, dans sa préface à la réédition du livre de Gilbert Simondon L’Individuation psychique et collective (éd. Aubier, 2007 [1989 pour la première édition]), insiste sur l’aspect tout à la fois conjonctif et disjonctif de tout processus d’individuation ainsi riche de liaisons créatrices de ruptures et de brisures créant de nouvelles relations. C’est une pensée processuelle semblable qui traverse tant la pensée de Simondon que la vôtre. Les processus constitutifs de l’existence des individus (de façon conjonctive puisque ceux-ci sont tous traversés des mêmes dynamiques ; de façon disjonctive parce que chaque individu se singularise, se différencie d’un autre), et qui sont en même temps psychiques et techniques, sociaux et historiques, peuvent tout à fait s’inscrire dans le processus de créolisation dont nous avons parlé tout à l’heure. Il s’agit alors d’affirmer, contre la doxa individualiste qui règne et qui dans sa radicalisation caricaturale confine au solipsisme et à l'autisme, que, loin d'être une monade, chaque individu est en même temps singulier et pluriel dirait le philosophe Jean-Luc Nancy, que chaque individu n’est libre que lorsqu’il se pense en termes situationnels pour parler comme le psychanalyste Miguel Benasayag, que chaque individu est une pliure subjective de ce dehors qu’est le « tout-monde » objectif comme auraient pu le dire les philosophes Michel Foucault et Gilles Deleuze, que chaque individu est un nœud singulier de relations sociales intériorisées pour parler comme le sociologue Bernard Lahire. « Soi-même comme un autre » est un maître-livre du philosophe Paul Ricœur visant à substituer à la domination solipsiste de l’ego cartésien l’éthique relationnelle d’un soi ouvert sur autrui qui le constitue. La créolisation ne permet-elle pas justement de sortir des apories individualistes pour faire l’épreuve de notre propre hétérogénéité, de notre propre altérité, de notre propre créolité, de la multitude que nous sommes nous-mêmes ?

  

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5/ « Soi-même comme un autre », mais déjà avant Ricœur le mot fameux de Rimbaud : « Je est un autre ». Ne dites-vous pas d’ailleurs dans Introduction à un poétique du divers (ibidem, p. 131) que « celui qui parle est multiple ». Ce propos résonne avec la poétique hétéronymique du poète portugais Fernando Pessoa (qui disait : « on m’a longtemps cru identique à moi-même »), mais aussi avec une certaine pensée libertaire et anarchiste : c’est Félix Guattari disant que nous étions tous de groupuscules, c’est bien avant lui Proudhon affirmant que nous étions tous des groupes vis-à-vis de nous-mêmes. Mieux, vous écrivez dans La Cohée du Lamentin (Poétique V, éd. Gallimard-coll. "NRF", 2005) que « l’Utopie n’est pas le rêve. Elle est ce qui nous manque dans le monde. Nous sommes nombreux à nous être réjouis que le philosophe français Gilles Deleuze ait estimé que la fonction de la littérature comme de l’art est d’abord d’inventer un peuple qui manque. L’Utopie est le lieu même de ce peuple » (cité dans Introduction à une poétique du divers, ibid., p. 13). Votre valorisation de l’imaginaire comme force constitutive des formes de vie arrachées du magma chaotique peut également rappeler la pensée du philosophe Cornelius Castoriadis qui, comme vous, s’opposait à la pensée systématique qu’il appelait « pensée ensembliste-identitaire ». Une formule comme celle de « vision prophétique du passé » rappelle aussi furieusement Walter Benjamin et sa pensée d’une dialectique à l’arrêt permettant à une image du passé de foudroyer le présent. Deleuze et Guattari, Proudhon, Castoriadis et encore Benjamin : votre poétique entretiendrait-elle des affinités avec les pensées anarchistes ou plus généralement libertaires ?http://ecx.images-amazon.com/images/I/41KVLreYkJL._SS500_.jpg

 

6/ Pensée conjonctive propre à œuvrer pour le commun ; pensée disjonctive propice à saisir l’événement qui rompt avec les réflexes identitaires : pour qu’il y ait conjonction et disjonction, encore faut-il qu’il y ait relation. On se rappelle de la sentence deleuzienne sur le fait que sa philosophie n’est pas celle du « est » mais du « et ». Comme vous le dites, la relation n’existe que parce qu’il y a de la différence, de l’intervalle entre les choses, de l’hétérogène. « Le réel est relationnel » a dit un jour le sociologue Pierre Bourdieu en s'inspirant de Hegel. Et c’est, comme l’a bien rappelé Gilles Deleuze, le philosophe empiriste David Hume qui, au milieu du 18ème siècle, a puissamment pensé la force de la relation, disant que la relation ne peut être réductible à l’un des deux termes de la relation. En effet, si Pierre est plus grand que Paul, et que donc Paul est plus petit que Pierre, les relations de grandeur n’appartiennent ni à Pierre ni à Paul. D’où que la poétique de la relation que vous défendez possède un caractère éminemment politique et dissensuel sur lequel il faut insister. C’est d’abord une critique de l’occidentalocentrisme comme pensée essentialiste et moniste, conquérante et transcendante, verticaliste et universaliste, qui cherche par-dessus tout à assimiler ce qu’il veut dominer et à rejeter et détruire ce qui lui résiste, et dont la francophonie comme les formules juridiques « droit du sang » et même « droit du sol » sont pour vous des expressions symptomatiques. La francophonie comme subordination des langues des anciens pays colonisés à l’impérialisme linguistique et diplomatique du français ; la filiation et le territoire comme légitimation raciale, nationale et territoriale de la citoyenneté alors que celle-ci devrait être la même pour tous indépendamment du lieu de naissance et des origines biologiques. La créolisation est ce mouvement d’« impurification » (pour parler cette fois-ci comme Alain Badiou) qui du coup destitue toute volonté séparatiste de racisation, de différenciation raciale, puisqu’il n’y a que du divers linguistique et du multiple culturel. La poétique de la relation pourrait être aussi le moyen politique d’affirmation de la solidarité commune au détriment des appétits individuels, de la propriété sociale au détriment de l’appropriation privative des richesses collectives. Le salaire socialisé tel qu’il structure le régime de retraite non par capitalisation mais par répartition par exemple, ne serait-ce pas une traduction économique et sociale de la poétique de la relation que vous défendez ? Ailleurs vous parlez de « délacement du monde » : ne faudrait-il pas entreprendre enfin le délacement du monde du travail vivant du joug de cette accumulation de travail mort qu’est le capital ?  

   

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7/ Vous aimez citer de nombreux écrivains, d’abord Victor Segalen, ensuite Saint-John Perse et William Faulkner, et puis James Joyce, Antonin Artaud, Ezra Pound, tous déconstructeurs de la langue, tous ayant eu à cœur de faire fuir la langue, de la faire bégayer comme l’avait dit Gilles Deleuze après Marcel Proust, de la « dérespecter » comme vous dites vous-mêmes. Mais s’agissant précisément ici de l'art du cinéma, y êtes-vous sensible ? La pensée deleuzienne de la conjonction « et » a par exemple permis de mieux comprendre l'art du montage pratiqué par Jean-Luc Godard qui vise à la création dialectique d’une troisième image à partir de la mise en rapport conjonctive-disjonctive de deux images distinctes ou différentes. Mais, pour prendre des exemples plus récents, c’est le geste cinématographique de Tony Gatlif attentif à montrer un double mouvement de diversité mondiale des Roms et de « gitanisation » du monde. C’est L’Intrus (2004) de Claire Denis, qui, s’inspirant du récit homonyme de Jean-Luc Nancy, déploie de part et d’autre de la Suisse, sorte d’île au milieu de l’Europe, et de la Polynésie, restes disséminés de l’ancien empire colonial français, une esthétique en archipel indexée sur une dynamique de pollinisation et de dissémination, d’altérisation et d’hétérogénéisation, d’impurification et donc de créolisation du monde. C’est aux Etats-Unis The New World (2006) de Terrence Malick et Into the Wild (2007) de Sean Penn ouverts aux forces vitalistes de la déterritorialisation et de la relation qui, avec le souvenir des écrivains transcendantalistes Ralph Waldo Emerson, Walt Whitman et Henri David Thoreau, travaillent, contre toutes les fixations sociales et politiques étasuniennes, à la promotion d’une Amérique jamais approchée, inconnue et utopique, dont l’étendue s’ouvre et se confond avec le « chaos-monde ». C’est enfin, explicitement inspiré par le travail de Claire Denis, L’Eclaireur (2006) de Djibril Glissant dont le patronyme, d'ailleurs identique au vôtre, est comme une invitation à glisser progressivement (« glissant » est ce participe présent indiquant un caractère processuel) sur les vagues de la créolisation du monde. Connaissez-vous tous ces réalisateurs ? Allez-vous au cinéma ? Et qu’avez-vous vu récemment d’intéressant sur le plan cinématographique ?

 

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30 janvier 2011 7 30 /01 /janvier /2011 23:46
Vendredi 4 février à 18h30
salle Betsy Jolas au Forum

 Place Libération
93150 Blanc Mesnil (Le)
01 48 14 22 00

Les Ateliers du Forum proposent un débat
avec Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot :

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Lorsque l’affaire Bettencourt éclate au grand jour, révélant la consanguinité du pouvoir avec les puissances de l’argent, Monique et Michel Pinçon-Charlot, sociologues et anciens directeurs de recherche au CNRS, y voient l’éclosion médiatique d’une réalité qu’ils se sont attachés à scruter depuis plusieurs années. Après avoir consacré leurs premiers travaux aux mutations sociales dans les anciens bassins industriels et à Paris, les deux chercheurs sont désormais devenus les observateurs attentifs de ce «champ social», longtemps maintenu à l’abri du regard des chercheurs et du grand public, que constitue la grande bourgeoisie.

6 mai 2007. Un célèbre restaurant parisien situé sur les Champs-Élysées. Enivrés par le succès du Président fraîchement élu, les convives rassemblés autour de sa table, pétillent de joie. Ministres aspirants ou en reclassement, hauts fonctionnaires en quête de pantouflage, patrons du CAC 40, bouffons du show-biz, histrions du PAF et autres courtisans poudrés se croisent dans l’espoir fiévreux de voir leur soutien récompensé par l’attribution de prébendes et de fiefs, pour les uns, de largesses fiscales et de nouveaux marchés juteux, pour les autres. C’est sur cette fameuse «Nuit du Fouquet’s» que s’ouvre le dernier ouvrage de Monique et Michel Pinçon-Charlot, Le Président des riches.

Dans un style incisif et engagé, ils exposent, au-delà des nombreux scandales et affaires qui émaillent le règne de Nicolas Sarkozy, la logique intrinsèque d’un système oligarchique reposant sur la reconnaissance d’un "entre soi" constitué de réseaux d’entraide et de solidarité. Bouclier fiscal, exonérations d’impôts en tout genre, dépénalisation du droit des affaires, trafic de hochets à ruban rouge, multiplication des petits chèques entre amis reconnaissants, …

http://extranet.editis.com/it-yonixweb/images/DEC/P2/9782355220180.gifUne fois dissipées les vapeurs populistes du discours tenu par le « président du pouvoir d’achat » et de la «refondation du capitalisme», sa politique favorable aux intérêts des nantis apparaît au grand jour. « Il y a une guerre des classes, c’est un fait, mais c’est ma classe, la classe des riches, qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la gagner », déclarait en 2005 Warren Buffett, deuxième fortune des Etats-Unis. Alors que les politiques libérales déstructurent les sociétés et que leurs artisans s’imaginent danser sur le cadavre de la lutte des classes, la grande bourgeoisie n’a jamais été aussi consciente d’elle-même et de sa position, organisant sans complexe la défense de ses intérêts de classe. « Pour contrer la collusion des élites, la connaissance de leur fonctionnement est un premier combat », annoncent les deux chercheurs. En attendant de livrer le prochain ?

Ils ont publié notamment :

Désarrois ouvriers, familles de métallurgistes dans les mutations industrielles et
sociales, Éditions l’Harmattan, 1987
Dans les beaux quartiers, PUF, 1989
La chasse à courre, ses rites et ses enjeux, Payot, 1993
Voyage en grande bourgeoisie, PUF, 1997 réédité en 2002 et 2005
Sociologie de la bourgeoisie, La Découverte, coll. « Repères », 2000, 2003
Sociologie de Paris, La Découverte, 2004
Châteaux et châtelains, Éditions Anne Carrière, 2005
Les Ghettos du Gotha : comment la bourgeoisie défend ses espaces, Seuil, Paris, 2007,
Paris : quinze promenades sociologiques, Payot, Paris, 2009
Les millionnaires de la chance, Payot, Paris, 2010
Le Président des riches, La Découverte, 2010
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3 novembre 2010 3 03 /11 /novembre /2010 15:16

Contre la casse des retraites : nous continuons de lutter

Création d'un comité de lutte au Blanc-Mesnil

 

Essoufflement du mouvement social ? Non ! Les médias se (et nous) trompent : 270 manifestations et 2 millions de manifestants dans toute la France pour la journée de jeudi 28 octobre et cela malgré les vacances et les manipulations policières.  

 

 

La mobilisation continue et s’inscrit dans la durée.

C’est en prenant en compte ce nouveau tempode la lutte que l’AG du comité de grève réunie jeudi 28 octobre a décidé à la majorité absolue de créer un Comité de luttes

 

La « pédagogie » sarkozyste aurait-elle mieux fonctionné ? Non ! Les salariés de ce pays ont largement compris le caractère régressif et inégalitaire du projet gouvernemental. Déplacer le curseur de l’âge légal de départ de 60 à 62 ans (et de 65 à 67 ans pour un taux plein) est un crime, quand on sait que l’espérance de vie sans incapacité des ouvriers est de 59 ans, que 59 ans est de toute façon l’âge moyen de cessation d’activité définitive en France, et qu’un recul de l’âge de la retraite va entraîner mécaniquement un report de la prise en charge des séniors vers l’assurance-chômage et l’assurance-maladie.

 

La « réforme » est-elle nécessaire pour sauver le système de répartition ? Non ! Pourquoi tout miser sur le report des départs à la retraite et pas sur la hausse des financements ? Sait-on que le taux de cotisation sociale patronale est gelé depuis 1979 ? Sait-on que la logique à l’œuvre depuis 1987 est d’indexer les pensions non plus sur les salaires mais sur les prix (qui augmentent moins vite) ? Sait-on que les 30 milliards de déficit du régime général est l’équivalent du montant annuel des exonérations de cotisations sociales dont profite le patronat depuis 1993 (avec l’effet que l’on peut constater sur le chômage) ?

 

La « réforme » est-elle juste ? Non ! Sait-on que le montant moyen des pensions des retraités de la fonction publique territoriale (FPT) est de 1.174 euros par mois (c’est le montant le plus faible des trois fonctions publiques) ? Sait-on qu’actuellement, sur 933.000 retraités de la FPT, près de la moitié perçoivent le minimum garanti, leurs revenus oscillant entre 980 et 1.050 euros, à peine plus que le seuil de pauvreté (949 euros pour une personne seule en 2008) ? Sait-on aussi que 30.000 retraités de la FPT font l’objet de cession sur pension pour surendettement ?

 

Casser les retraites aujourd’hui pour s’en prendre demain à la Sécurité sociale, c’est ce que veut Sarkozy : le voulons-nous ? Non ! Le programme néolibéral et d’inspiration patronale du gouvernement Fillon est soutenu par trois principes idéologiques marqués : détruire les conquis sociaux obtenus par le Conseil National de la Résistance en 1945 ; casser les résistances salariales et syndicales ; rogner la part socialisée du salaire afin de relancer les taux de profit patronaux. Sait-on que les gains de productivité doublent en euros constants tous les quarante ou cinquante ans ? L’argument du choc démographique repose sur l’absence de prise en compte de ce facteur économique. Le poids des pensions de retraite a été multiplié par 2,6 entre 1950 et 2000. Et il le sera par seulement 1,4 d’ici 2050 si le PIB double comme il n’a pas cessé de le faire depuis 1945. Aujourd’hui, le PIB est égal à 2.000 milliards, avec 13 % pour les pensions (260 milliards), et un reste de 1740 milliards pour les actifs et investissements. Dans 50 ans, le PIB sera de 4.000 milliards : sur ceux-ci, 20 % seront destinés aux pensions, ce qui laisse pour les actifs 3.200 milliards aux actifs et à l’investissement.

 

De l’argent, il y en a, pour financer les investissements productifs à forts contenus sociaux, et en même temps libérer du temps libre pour les salariés. Le progrès social, c’est ça !

 

Alors non ! Non au patronat et aux rentiers revanchards qui voudraient nous faire payer 1936, 1945, 1968 et 1981, nous faire travailler plus et plus longtemps et en même temps en retirer des bénéfices. Nous refusons qu’ils transforment nos droits (retraite, santé, éducation…) en produits d’épargne, d’assurance et en vulgaires biens de consommation qu’ils veulent nous revendre après nous en avoir dépouillés.

 

Parce que nous le devons pour nous-mêmes qui refusons de payer pour les riches.

Parce que nous le devons pour les générations passées qui se sont vaillamment battues pour que l’on puisse disposer de nos conquis sociaux.

Parce que nous le devons pour les générations à venir qui doivent aussi jouir de ces conquis sociaux que nous aurons su sauvegarder aujourd’hui.

 

C’est pourquoi le Comité de lutte du Blanc-Mesnilinvite tous, salariés du public et du privé, lycéens, chômeurs et retraités, militants syndicalistes et politiques à l’investir afin de continuer à s’inscrire dans une lutte qui ne peut et ne doit être au bout du compte que victorieuse.

 

Ainsi, nous vous proposons l’agenda suivant :

 

  • Jeudi 04 novembre à 10h : prochaine AG en salle des réceptions de l’hôtel-de-ville ;

  • Jeudi 04 novembre à 12h : rassemblement après l’AG devant le lycée Mozart afin d’appeler les professeurs et les lycéens à rejoindre le comité de lutte ;

  • Samedi 06 novembre : manifestation nationale avec départ collectif depuis Le Blanc Mesnil, rue Claude Terrasse

 

Nous vous invitons également à venir nombreux au Forum, le mardi 9 novembre à 18h30, pour débattre avec l’économiste Bernard Friotsur l’avenir de nos retraites.

 

Adresse mail : comitegrevelbm@yahoo.com

 

A l'appel de l'UL CGT, de la CGT des territoriaux, de l'UGICT, de SUD-EDUC, des lycéens et des salariés, non-syndiqués et syndiqués.

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18 octobre 2010 1 18 /10 /octobre /2010 23:34

Les 7 et 23 septembre et les 2, 12 et 16 octobre, nous étions des millions à descendre dans les rues, toujours plus nombreux et encore plus déterminés.

 

Une attaque contre l'ensemble des travailleurs et de la jeunesse

Demander aux plus âgés de travailler jusqu’à 62, 65 ou 67 ans pour partir avec une retraite de misère alors que les jeunes sont massivement touchés par le chômage : c’est ce que le gouvernement nous vend comme une réforme juste ! On nous parle de 42 ans de cotisation, c’est inatteignable. Aujourd’hui, le chômage, la pénibilité du travail et la précarité font que la durée moyenne de cotisation est de 36,5 annuités.

 

Pourtant, de l'argent il y en a !

En 40 ans, les richesses produites en France ont doublé mais la part des salaires dans les richesses créées a baissé de 10 % ces 25 dernières années. Le gouvernement trouve 120 milliards d'euros pour sauver les banques en 2009, et tous les ans, il multiplie les cadeaux aux grands patrons : 100 milliards de subventions, 30 milliards d'exonérations de charges (le montant du soi-disant déficit des retraites est précisément de 30 milliards d’euros).

 

La mobilisation s'amplifie...

Depuis le mardi 12 octobre, les cheminots, toutes les raffineries, des agents territoriaux de plusieurs villes, des enseignants,… se sont mis en grève reconductible et tiennent bon. Les lycéens ont rejoint le mouvement et les routiers sont venus le renforcer.

C'est le moment de s’y mettre !

 

Au Blanc-Mesnil, des agents territoriaux et communaux, des enseignants ont décidé de reconduire la grève lors de l'assemblée générale tenue aujourd'hui. La grève est reconduite jusqu'à mercredi inclus.

 

Mardi 19 octobre :

9h : AG pour les agents territoriaux, Salle des réceptions en Mairie

10h : AG du Comité de grève de ville pour l'ensemble des salariés (même lieu)

13h : départ en car CGT, rue Claude Terrasse (2 cars) vers Place d’Italie à Paris à la manifestation nationale

Mercredi 20 octobre :

9h : AG pour les agents territoriaux, Salle des réceptions en Mairie

10h : AG du Comité de grève de ville pour l'ensemble des salariés (même lieu)

10h30 : rassemblement à l’aéroport de Roissy CDG2 à l’appel de l’UL CGT Roissy

12h30 : barbecue Salle Claude Terrasse

14h30 : distribution de tracts sur les lieux de travail et en ville

 

A l'appel de la CGT territoriaux, SNES-FSU, SUD-EDUCATION SOLIDAIRES, CGT EDUC'ACTION, SNJ-CGT, salariés non syndiqués et artistes associés du Forum

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14 octobre 2010 4 14 /10 /octobre /2010 20:59

DU JAMAIS VU :

PLUS DE 4000 MANIFESTANTS EN PREFECTURE

POUR LE RETRAIT TOTAL DU PROJET DE REFORME SUR LES RETRAITES DE SARKOZY

 

Après la mobilisation du 12 octobre ayant réuni 3 millions ½ de personnes et contrairement à ce que disent le gouvernement et les médias, le projet de réforme des retraites ne passe décidément pas. Non, le mouvement ne s’essouffle pas, il se structure et s’amplifie !

 

Ici au Blanc-Mesnil nous avons créé un comité de grève de ville qui rassemble : CGT, SDU-Clias, FO, CFDT, SNES-FSU, Sud-Education-Solidaires, CGT-Educ’action et non-syndiqués, SNJ-CGT, salariés et artistes associés du Forum.

 

Face à l’entêtement et à l’acharnement du gouvernement, qui tente de faire passer en force sa réforme au Sénat et à l’Assemblée nationale : rien n’est joué. Nous ne cèderons pas, de plus en plus de citoyens refusent de payer la crise. Nous ne sommes pas dupes, cette réforme casse le système de répartition au profit des amis de Sarkozy qui sont à la tête des banques et assurances privées.

 

D’autres solutions sont possibles : il suffit, entre autres, de taxer les transactions financières à hauteur de 1% pour assurer le financement du système de retraite. De la même façon, il faut développer l’emploi et relever les cotisations patronales.

 

Derrière la réforme des retraites c’est un projet de société qui casse l’égalité républicaine, remet en cause l’accès de chacun aux services publics (culture, éducation, logement, santé…). Ce qui se dessine, c’est la marchandisation de tous les biens et services.

 

Le 14 octobre, une manifestation a rassemblé 700 territoriaux, professeurs, personnels de l’éducation, retraités, habitants, lycéens partis du Blanc-Mesnil qui ont rejoint plus de 4000 personnes sur le parvis de la Préfecture à Bobigny, Les territoriaux du Blanc-Mesnil sont en grève, de nombreux services fermés ou perturbés, le forum, les lycées Mozart et Jean Moulin, le collège Descartes sont en grève reconductible, les lycéens bloquent le lycée Mozart. Les cheminots et la RATP ont voté la reconduction de la grève… partout le mouvement s’étend dans le département comme dans tout le pays.

 

 

Samedi 16 octobre, à 14h30, soyons encore plus nombreux

à manifester à Paris de République à Nation !

 

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