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  • : Communistes libertaires de Seine-Saint-Denis
  • : Nous sommes des militant-e-s d'Alternative libertaire habitant ou travaillant en Seine-Saint-Denis (Bagnolet, Blanc-Mesnil, Bobigny, Bondy, Montreuil, Noisy-le-Sec, Pantin, Rosny-sous-Bois, Saint-Denis). Ce blog est notre expression sur ce que nous vivons au quotidien, dans nos quartiers et notre vie professionnelle.
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22 septembre 2012 6 22 /09 /septembre /2012 00:01

 

 

Le Collectif Alternative Libertaire 93 est heureux de vous accueillir pour sa réunion publique de rentrée consacrée aux luttes en cours menées notamment par les salarié-e-s de notre département victimes d'une véritable stratégie patronale de casse de l'outil industriel. 

 

 

Mandaté par le Collectif Alternative Libertaire 93, j'ouvrirai donc notre réunion en introduisant des éléments susceptibles de nourrir nos réflexions et nos actions :

 

 

_ des éléments susceptibles de clarifier nos positions mais aussi de montrer, par-delà les divergences d'appréciation, l'urgence sociale d'une convergence sur le terrain de la lutte des forces existantes...

 

 

_ par exemple sous la forme d'un front social composé de toutes les personnes, militant-e-s, syndiqué-e-s, organisé-e-s et structures organisationnelles, qui ont senti, ressenti et compris la nécessité politique d'une rupture avec la domination capitaliste.

 

 

 

Notre introduction générale portera rapidement sur trois points : un point d'ordre d'abord économique, ensuite d'ordre social, enfin d'ordre politique.

 

 

 

 

 

I) Depuis 2007, une crise économique – la plus grave depuis 1929 – ébranle le capitalisme. Nous n'en sommes pas sorti-e-s. Il s'agit d'une crise à la fois spécifique, générique, et singulière.

 

 

_ Spécifique parce que, contrairement à l’éclatement de la bulle Internet en 2000-2002, elle concerne d’abord le marché immobilier puis s’est étendue à l’ensemble du secteur bancaire.

 

 

_ Générique parce qu’elle manifeste le caractère structurel d’un régime d’accumulation capitaliste qui ne peut pas ne pas conduire à la crise systémique.

 

 

(depuis 20 ans, c’est en moyenne un crise de grande ampleur tous les deux ans)

 

 

_ Singulière enfin, puisque l’interconnexion mondiale du secteur bancaire et du monde entrepreneurial peut, lors d’un risque systémique avéré, détruire tout le système financier et entraîner en conséquence la faillite totale de l’économie productive.

 

 

Certes, nous avons toutes et tous constaté les conséquences sociales ruineuses de l'idéologie néolibérale du marché libre, non faussé et sans entraves.

 

 

Cette idéologie qui prône depuis quarante ans, de traités européens (le Traité de Lisbonne en 2007) en traités européens (le TSCG voté en octobre prochain – le fameux « traité Sarkozy-Merkel » ou « Merkozy » obligeant à une « discipline budgétaire » signifiant la mainmise définitive des marchés sur les politiques budgétaires des États pilotées depuis la Commission européenne, la BCE et le FMI), de victoires de la droite sur la gauche et à la victoire idéologique du libéralisme sur la sociale-démocratie :

 

 

1/ l’intensification du taux d’exploitation d’une part,

 

 

 

2/ une compression salariale corrélative de cette intensification et qui renforce la spirale de l’endettement d’autre part,

 

 

 

3/ et enfin la déréglementation internationale des marchés de capitaux concomitante d’un régime concurrentiel mondialisé.

 

 

Et, certes, nous pouvions croire que la crise économique allait mécaniquement entraîner une crise de légitimité dans l'ordre hégémonique néolibéral. Et, à partir de ce moment critique, nous pouvions espérer profiter de cette délégitimation pour renforcer la légitimité symbolique du discours politique défendant une alternative économique. Or, rien n'y a fait.

 

 

 

Parce que tout a été fait pour justifier le socialisme des États – le seul visiblement admissible afin de renflouer le secteur bancaire auquel sont soumis, voire subordonnés tous les autres secteurs (industriels et commerciaux, publiques et privés) de la vie économique.

 

 

 

ce sont plusieurs centaines de milliards de dollars

qui ont été injectés afin d’éviter la banqueroute mondiale

 

 

 

Ce socialisme des États contre le peuple que les dominants nomment tantôt rigueur, tantôt austérité, tantôt encore « redressement dans la justice » (çà, c'est l'actuelle formulation euphémique du PS au pouvoir) constitue un triple scandale.

 

 

a) C’est un scandale parce que le principe capitaliste bien connu de la privatisation des bénéfices et de la socialisation des pertes se vérifie à nouveau avec une ampleur inédite

 

 

 

b) C'est encore un scandale qui démontre l’hypocrisie des gouvernements qui n’ont pas cessé de nous seriner au sujet de caisses d’État prétendument vides, du mythique « trou de la sécu » (nouvelle version du tonneau des Danaïdes) s'élargissant toujours plus, et de la quasi-faillite du système de financement des retraites par répartition.

 

 

c) C'est enfin un scandale, parce que ce sauvetage financier du secteur bancaire a été défendu comme une nécessité, y compris pour les meilleurs économistes hétérodoxes du moment. Si le système bancaire s’effondrait, ce sont les entreprises qui en subiraient les conséquences. Elles ne pourraient plus contracter de crédit pour investir, manqueraient de liquidités pour entretenir leur solvabilité, verraient leurs carnets de commande s’amoindrir, licencieraient, ou bien seraient entraînées dans la faillite totale parce que certains de leurs fonds auront été volatilisés à la suite du délire spéculatif déconnectée de la production (au point de se retourner aujourd'hui contre lui).

 

 

 

Le problème, c'est que le renflouement des banques obtenu grâce au « collectivisme pratique » des États capitalistes n'a nullement empêché et n'empêche nullement la destruction de l'outil industriel et la mise sur le carreau de dizaines, voire de centaines de milliers de salarié-e-s.

 

 

 

 

 

II) La question, c'est donc comprendre (et faire comprendre) le rapport de cause à effet direct entre ce constat de la crise capitaliste – du capitalisme comme régime économique structurellement en crise – et la série de faits collectés ici ou là (ici principalement dans notre département et principalement dans le secteur privé) :

 

 

 

Quoi de commun en effet entre la crise du capitalisme et tel rassemblement, le 31 mai dernier devant le siège social de DHL Supply Chain France à Saint-Denis (une boîte de gestion de chaînes logistiques comptant 3.000 salarié-e-s), d'une centaine de militant-e-s à l'appel de leur organisation syndicale respective ?



Et telle délégation reçue le 29 mai par le directeur général du MEDEF représentant les travailleur-se-s de la sous-traitance à Roissy contre la destruction d’emplois et la casse des conquis sociaux suite à la passation des marchés (plus de 200 salarié-e-s sont concerné-e-s, travaillant pour VIGIMARK, NET ECLAIR, COLITEL, PARTNER, TRAFFIC AIR SERVICES, TRAC-PISTES...) ?

 

 

Et telle grève, par exemple celle du 29 juillet dernier engageant des salarié-e-s des Nouvelles Messageries de la Presse Parisienne / Presstalis contre un plan de restructuration industrielle incluant la fermeture des centres d’exploitation (Moissy, Bobigny et Gonesse) et l'externalisation totale du traitement des publications, invendus et réassorts ?



Et tel projet de reprise en main sous la forme d'une coopérative par les salarié-e-s de la boulangerie Panotel à Romainville ?



Et telle occupation, par exemple celle de l'imprimerie ROTOS 93 au Blanc-Mesnil par ses salarié-e-s qui, depuis le 1er juin, se battent pour continuer l'activité rentable d'un site abandonné par son propriétaire ?

 

 

Et puis encore toutes les annonces suivantes :

 


. celle de la suppression à Air France (sans licenciement ose affirmer la direction) de plus de 5.000 emplois d'ici la fin 2013.



. Celle de la fermeture du site Sanofi-Aventis de Romainville prévue pour 2014 (ce sont 250 salarié-e-s sur le site et 900 personnes dans toute la France qui seraient concerné-e-s) alors que ce sont plus de trois milliards d'euros qui ont été versés aux actionnaires en 2011.



. Et bien évidemment celle des usines PSA-Citroën d'Aulnay-sous-Bois en 2014 et de Sevelnord d'Hordain dans le Nord en 2013 (6.200 salarié-e-s directement concerné-e-s – quasiment 10.000 avec les salarié-e-s de la sous-traitance), anticipée par la fameuse note du 23 août 2010 rendue publique par la CGT le 09 juin 2011 et depuis confirmée avec l'annonce officielle du 12 juillet dernier par la direction de PSA incarnée par Philippe Varin.



Alors que le chiffre d'affaires de PSA n'a jamais été aussi bon, en plus d'avoir bénéficié lors du moment le plus fort de la crise d'un chèque de 3 milliards d'euros signé Sarkozy !



Alors que quasiment 20.000 emplois industriels ont déjà été supprimés sur le département depuis quatre ans !



Alors que le taux de chômage sur le département est supérieur de 2 points à la moyenne nationale (atteignant les 12,5 %) !



Alors que le chômage des jeunes est en hausse de 26 % depuis la même période (on rappelle que 30 % des séquano-dyonisien-ne-s ont moins de vingt ans) !



Alors que le taux de pauvreté en Seine-Saint-Denis est de 18%, soit 7 points au-dessus de la moyenne nationale !



La grande problématique économique actuelle, ce sont les conséquences catastrophiques qui résultent de la financiarisation du capital. Autrement dit, de la subordination du capitalisme industriel incarné par la figure de l’entrepreneur aux intérêts du capitalisme financier représentés par la figure de l’actionnaire.



La financiarisation de l’accumulation du capital est une aberration économique qui se comprend sur le plan mathématique de manière extrêmement simple : alors que la croissance du PIB est par exemple de 2 % (avant la crise de 2007 bien sûr, la croissance étant tout simplement négative aujourd’hui : c’est cela la récession), l’exigence actionnariale pose une moyenne de 15 % de retour sur investissement, pendant que certains pans des secteurs financier et bancaire réclament 40, voire 50 % !

 


 

Pour le dire encore autrement, les circuits de rotation, de reproduction et d’accumulation du capital (de la sphère industrielle à la sphère commerciale en passant par la sphère financière et retour) sont toujours plus soumis aux processus de ponction de la valeur (notamment sous la forme de dividendes). La survaleur créée par le capitaliste lorsqu’il exploite la force de travail de son travailleur collectif se trouve toujours plus happée par la rente financière qui exerce son droit de tirage, soit sous la forme de l’usure bancaire, soit sous celle du versement de dividendes pour les actionnaires.

 

 

 

Ce que nous affrontons aujourd’hui, c’est l’intenable contradiction entre un capitalisme producteur de valeurs économiques (hors profit, c'est la partie réinvestissable dans l'outil de production et sa modernisation) et un autre destructeur de valeurs au nom de la ponction sous la forme de la rente financière et actionnariale. C’est une folle entreprise de dévalorisation du capital promue de l’intérieur même du capitalisme. Et comme le travail est subordonné sous la forme de l’emploi par les capitalistes, la dévalorisation du capital entraîne nécessairement la destruction de milliers d’emplois.

 


 

 

 

III) Si l’élection de François Hollande à la présidence de la République devait se réduire à l’éviction de Nicolas Sarkozy et sa clique, on peut donc dire que c’est une réussite. Sauf que, quatre mois après les élections, on sait bien que ça recommence. Quoi ? C’est un nouveau chapitre de l'impossible représentation parlementaire entre les classes populaires et l’élite étatique s’affirmant « raisonnablement » de gauche, qui s’écrit encore une fois sous nos yeux fatigués d'y être habitués.

 

 

Les 4,6 millions de suffrages exprimés en faveur du Front de Gauche, de LO et du NPA (sur 46 millions d'inscrit-e-s, ça ne fait que 10 %) auront-ils pesé dans cette affaire en réussissant depuis les institutions représentatives bourgeoises à inverser le rapport de force ?

 

 

 

On ne pourra en tous les cas ne pas dire qu’on ne savait pas ce que le social-libéralisme accomplirait dans la foulée de ce qu'il a déjà accompli. Le social-libéralisme n'est pas rupture avec le capitalisme, mais accompagnement et justification de ce dernier auprès des classes populaires que la gauche de gouvernement est censée représenter.

 

 

Ayrault premier ministre ? C'est la perpétuation du régime d'austérité payé notamment par les fonctionnaires (avec le blocage du point d'indice acté depuis 2010) toujours resté au programme.

 

 

Valls à l’intérieur ? Ce sont déjà plus de 3.000 Roms expulsés du territoire français.

 

 

Montebourg au redressement productif ? Lorsqu'un courrier lui a été adressé concernant les Rotos 93, celui-ci a été directement transféré à son compère Hamon de l'économie sociale et solidaire.

 

 

Sapin au travail ? Et voilà la mise en place de « contrats d'avenir » qui perpétuent la précarisation de la jeunesse salariée, en même temps qu'ils renforcent l'entreprise de démantèlement du statut dans la fonction publique (ici d'enseignement).

 

 

 

Lebranchu à la fonction publique ? Une version améliorée de la loi de résorption de l'emploi précaire dans les trois fonctions publiques qui préserverait le statut des mirages du CDI n'est toujours pas à l'ordre du jour.

 

 

C'est ici l'occasion de dire qu'il faut penser ensemble luttes dans le privé et dans le public.

 

 

C'est-à-dire qu'il faut envisager dialectiquement :

 

 

_ et le démantèlement du tissu industriel,

 

 

_ et la casse du statut de la fonction publique.

 

 

Car, dans les deux cas, telles les deux facettes de la logique capitaliste actuelle :

 

 

. il faut substituer l'emploi (où c'est le poste qui est qualifié et non la personne) au statut (où c'est la personne qui, reconnue dans ses qualifications, mérite un salaire à vie)

 

. et il faut remplacer l'emploi stable par le sous-emploi entouré du halo du chômage.

 

 

Ce constat ne devra pourtant pas autoriser l'impuissance. Même si pèsent de tout leur poids les forces sociales qui participent activement à dépolitiser les masses, réifier les organisations politiques et syndicales et diviser les dominés.

 

 

Ce constat ne devra pas induire non plus la promotion de ce « bon vieux » capitalisme industriel contre le financiarisé, les conséquences écologiques du vieux modèle productiviste n'étant plus à démontrer.

 

 

Ce qui signifie pas non plus qu’il s’agira de défendre automatiquement, « comme avant », le plein-emploi, puisque l’emploi est le nom du travail subjugué et gaspillé par le capital.

 

 

Ce qui signifie enfin que l’exigence immédiate du contrôle autogestionnaire et ouvrier de la production, afin de l’arracher des griffes de l’exploitation comme de la ponction actionnariale et financière, doit s’inscrire en rupture avec un productivisme anti-écologique, comme en relation avec l'exigence d'une transition énergétique rien moins que nécessaire.

 

 

Maintenant, la question, c'est de savoir comment il faut s'y prendre pour qu'enfin la lutte des classes cesse d'être menée et gagnée par la classe qui n'a pour unique mérite que de parfaitement savoir défendre aujourd'hui ses intérêts : la classe capitaliste.

 

La question, c'est de savoir comment lutter et comment vaincre la classe capitaliste.

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